A Fribourg, la tradition du bonhomme d'hiver est maintenue

Malgré la décision de Sierre de renoncer, par respect, à brûler son bonhomme hiver, les carnavals fribourgeois ont choisi de maintenir ce rituel.

A Fribourg, le Rababou est symboliquement accusé de tous les maux de l'année écoulée. © Keystone

À Sierre, dans le Valais voisin, le choix a été fait de ne pas brûler le bonhomme hiver cette année. Le geste, un mois après l'incendie qui a causé la mort de 40 personnes à Crans-Montana, aurait été "malheureux", justifiait mardi Jérémie Zuber, président de l'un des trois comités d'organisation, à l'agence Keystone-ATS.

Du côté de Fribourg, la tradition est maintenue dans les carnavals du canton. La mise à mort du bonhomme hiver – qu'il s'appelle le Rababou, le Füdlibürger ou le Wacoucou – est un moment phare des festivités, rappellent les organisateurs tout en comprenant le choix du Carnaval de Sierre et en exprimant leur solidarité suite au drame.

Symbolique de renouveau

"Le Rababou est symboliquement accusé de tous les maux de l'année écoulée: les malchances, les difficultés, les drames aussi. Le brûler revient ainsi à s'en libérer collectivement", explique le comité d'organisation du Carnaval des Bolzes. Une vision partagée à Romont, où Romuald Carrard, le président de l'organisation, voit dans cette tradition un "geste symbolique de renouveau" et non un acte de violence.

À Morat, le co-président de l'événement, André Kaltenrieder, précise que la combustion du Füdlibürger se déroule "sans référence à des événements actuels" et constitue "un élément central du carnaval de Morat, qui symbolise satire, réflexion sociale et clôture des festivités".

Du côté de Courtepin, le comité d'organisation nous explique réfléchir "chaque année à la pertinence de la mise à mort du Wacoucou, y compris sur le plan environnemental". Si l'événement a renforcé sa sécurité, notamment au niveau des contrôles pompiers, les organisateurs se réservent tout de même le droit d'annuler le rituel "en cas de risques ou de contexte politique sensible".

À Estavayer, où l'emblème du Carnaval n'est pas un bonhomme hiver, mais une perche, la tradition est aussi maintenue, nous a confirmé son président. La manifestation a tout de même prévu un changement: le bar de la Tour des Dominicains sera fermé cette année en raison des normes incendie. Un espace festif chauffé, installé sous une tente, à proximité immédiate du Musée des Grenouilles le remplacera.

Frapp - Mattia Pillonel
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