Canicule: des fruits plus petits, mais abondants

La chaleur et le manque d'eau ont réduit le calibre des pommes ou des poires, pas leur quantité. Les producteurs perdent quand même financièrement.

Les pommes qui ont eu des coups de soleil finissent en jus. Elles rapportent moins aux producteurs. © Keystone

La canicule et la sécheresse de l'été 2026 ont marqué les vergers fribourgeois. Si la qualité des fruits est au rendez-vous, leur taille est souvent plus petite que d'habitude. Une situation qui pèse sur les revenus des producteurs, selon Thierry Miauton, vice-président de l'Union fruitière fribourgeoise.

Les pommes et les poires ont souffert du manque d'eau. Les arbres ont bien produit, mais les fruits présentent des calibres inférieurs à la normale. En revanche, leur teneur en sucre est élevée et leur qualité gustative reste excellente. La sécheresse a aussi eu un effet positif, en limitant la tavelure, principale maladie des pommiers et des poiriers. Les fruits sont donc globalement très sains.

Des pertes liées aux coups de soleil

Mais la chaleur a toutefois provoqué des brûlures sur une partie des pommes et des poires, surtout dans les vergers non protégés par des filets à grêle. Ces fruits sont déclassés et donc destinés à la fabrication de jus ou de cidre, une filière beaucoup moins rémunératrice. Entre les calibres réduits et les déclassements, les pertes économiques peuvent tout de même se chiffrer à environ 20% par rapport à une année normale, estime Thierry Miauton.

Les cuisiniers mettent deux petites poires au lieu d'une dans l'assiette!

La poire à botzi AOP, la spécialité fribourgeoise par excellence, n'échappe pas aux conséquences de la sécheresse. La qualité est au rendez-vous et la saveur plus sucrée mais le calibre des fruits est inférieur à celui habituellement recherché par les consommateurs et les restaurateurs. Environ 30% sont même de taille inférieure à la normale, frôlant la limite minimale exigée par le cahier des charges de l'AOP. "Les cuisiniers mettent deux petites poires au lieu d'une dans l'assiette", rigole le vice-président de l'UFF.

Les pruneaux ont également souffert, notamment dans les parcelles qui ne pouvaient pas être irriguées. Certains fruits sont trop petits pour répondre aux exigences de la grande distribution. S'ils sont plus faciles à écouler en vente directe, ils sont quand même moins juteux et moins goûteux que d'habitude, mais passent toujours bien en tarte avec du sucre.

Les cerises épargnées

Selon le vice-président de l'Union fruitière fribourgeoise, les cerises constituent la bonne surprise de cette saison. Récoltées avant les fortes chaleurs, elles n'ont pratiquement pas été affectées par la sécheresse. Au contraire, elles ont plutôt bénéficié des températures élevées de juin qui ont réduit la présence de la drosophila suzukii. Cette petite mouche a la fâcheuse tendance à pondre ses œufs sur les fruits mûrs sur le point d'être récoltés. Mais cet insecte ravageur, redouté des arboriculteurs, déteste quand il fait plus de 32 degrés. 

Le printemps a donné plusieurs semaines d'avance aux cultures, mais les épisodes de canicule ont ensuite ralenti le développement des arbres. Ces derniers sont entrés en "mode survie". Au final, les récoltes ont retrouvé un calendrier presque habituel.

Nous avons des fruits de très bonne qualité. Ils sont simplement plus petits cette année.

En résumé, c'est un bilan contrasté. Thierry Miauton note une baisse des rendements estimée entre 10 et 20%. "Nous avons des fruits de très bonne qualité. Ils sont simplement plus petits cette année", résume le vice-président de l'UFF. Une situation plus facile à gérer pour les producteurs en vente directe, qui peuvent l'expliquer à leur clientèle, en général compréhensive. 

RadioFr. - Sarah Camporini
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