Presque incognito, la baleine a traversé Fribourg ce matin
A travers le mur du musée, suspendue à plusieurs mètres de haut, sur un camion, à nouveau suspendue. La baleine du Musée d'histoire naturelle a déménagé ce matin, presque incognito.
Tôt mardi matin, sous un léger crachin et un grand ciel gris, la baleine du Musée d'histoire naturelle de Fribourg a quitté, par un trou percé dans un mur, le bâtiment qu'elle occupait depuis 129 ans. Le personnel du musée et une petite dizaine de spécialistes du transport se sont réunis pour faire parcourir au cétacé les quelques 600 mètres qui le séparent de sa nouvelle demeure.
Derrière les bâtiments de l'université, le public se fait rare. Le musée ne l'a pas informé – volontairement. "Beaucoup de gens nous ont toujours posé la question: 'quand est-ce qu'on déménage la baleine ?', explique Laurence Perler Antille, directrice administrative du Musée d'histoire naturelle de Fribourg. Mais pour nous, c'était très important que les équipes puissent travailler dans le calme. Pour des raisons de sécurité, accueillir du public était impossible."
Un trou de souris
Solidement fixé sur un socle à roulettes, le cétacé le plus connu du canton - un rorqual boréal - entame son périple aux alentours de 9 heures, protégée dans une housse en plastique et maintenue par des sangles. Plusieurs gaillards le tirent jusqu'à une passerelle, avant qu'une grue ne prenne le relais pour le déposer sur le camion qui l'emmènera route des Arsenaux.
"Comme équipe, on n'a jamais déménagé une baleine", rigole l'équipe chargée du transport. Les visages se relâchent une fois la pièce la plus grande et la plus précieuse du musée posée sur le camion. "Ça va mieux que ce matin à 6 heures", souffle Laurence Perler Antille. "La première étape s'est bien passée. C'est déjà un soulagement."
11 mètres, 1'650 kilos
Échouée au Havre en 1852, la baleine mesure 11 mètres de long et pèse encore quelque 1'650 kilos. Un gabarit qui a compliqué la manœuvre.
"La plus grande difficulté, c'est qu'un arbre nous a empêché de sortir complètement la baleine sur la plateforme. La queue était encore à l'intérieur du bâtiment quand on a dû la soulever avec la grue", explique Laurence Perler Antille. "Le plus grand enjeu, c'était que cette queue ne vienne pas heurter les murs."
Qu'une première étape
La baleine est certes la pièce la plus imposante du Musée d'histoire naturelle de Fribourg, mais elle n'est qu'une infime partie d'un déménagement colossal. "On a tous les objets présentés dans les vitrines qui doivent encore être emballés, conditionnés et préparés. Et toutes nos réserves, cachées au public, doivent aussi encore partir. On parle de 270'000 objets à peu près", rappelle la directrice administrative.
La baleine, elle, va rester sur le chantier pendant près de deux ans. "On va assembler une grande boîte autour d'elle pour la protéger. Les aménagements intérieurs et le montage des expositions se feront autour d'elle, en prenant le plus grand soin possible." La réouverture du musée, route des Arsenaux, est prévue pour fin 2028.
En attendant, l'exposition "Bis bald baleine!" est à découvrir jusqu'au 25 octobre.







