Le domaine de la santé inquiet par les prochaines votations

Le peuple vote le 14 juin sur l'initiative "Pas de Suisse à 10 millions" et la réforme du service civil. Les milieux de la santé ont gros à perdre.

L'hôpital fribourgeois suit attentivement les votations du 14 juin prochain. Elles pourraient toutes les deux altérer son fonctionnement. © Frapp

Le 14 juin, le peuple suisse vote sur deux objets qui menacent le domaine de la santé. D'une part, l'initiative "Pas de Suisse à 10 millions" mettrait un gros coup de frein pour recruter de la main d'œuvre étrangère. De l'autre, la réforme sur le service civil réduirait drastiquement le nombre de jeunes hommes qui apportent leur aide dans les établissements de soins. 

L'initiative "pour la durabilité" stipule que si la population permanente de la Suisse dépasse la barre des 9,5 millions d'habitants avant 2050, la Confédération doit prendre des mesures strictes en matière d'asile et de regroupement familial. Cela pourrait avoir un impact conséquent à l'hôpital fribourgeois.

En effet, 33% du personnel médical et 34% du personnel soignant vient de l'étranger, principalement de l'Union européenne. "Sans personne d'origine étrangère, le fonctionnement de l'hôpital n'est plus garanti", s'exclame le directeur de l'HFR Philipp Müller. 

Les hôpitaux sont dépendants de la main d'œuvre étrangère, car la formation de médecins suisses n'est pas suffisante pour répondre à la demande. Et cette perspective ne va pas aller en s'améliorant: avec le vieillissement de la population, les besoins dans le domaine de la santé ne cessent d'augmenter.

Moins de civilistes

Autre problématique pour l'HFR, la réforme de la loi sur le service civil. Si elle est acceptée par le peuple, alors ses effectifs seront considérablement réduits. Chaque année, environ 150 civilistes accomplissent leurs obligations au sein de l'hôpital fribourgeois. Ils représentent 4% des employés. 

Ils n'effectuent pas de tâches vitales, mais ils sont utiles au fonctionnement général de l'établissement. "S'ils devaient disparaître, ça aurait un impact sur la prise en charge des patients et leur bien-être", poursuit Philipp Müller. 

Les civilistes ont différents rôles en fonction de leurs compétences. Ils transportent les personnes hospitalisées à un rendez-vous interne, aident les équipes dans les étages en apportant des plateaux-repas, ou discutent avec les patients. "Ils ne remplacent pas les soignants ou le personnel logistique, mais c'est un appui important et bienvenu." 

Des civilistes aussi dans les EMS

Chaque home peut, s'il en a le besoin, faire appel à des civilistes pour éviter toute baisse de prestations. Comme à l'hôpital, leur mission est d'être proche des résidents et de donner un coup de main là où cela est nécessaire. 

"Sur une journée en EMS, les soins durent une à deux heures", détaille Claude Bertelleto Küng, la présidente de l’association fribourgeoise des institutions pour personnes âgées. "Ils restent donc de nombreuses heures durant lesquelles on essaie de rendre la vie des résidents la plus agréable possible et les civilistes y contribuent." Ce soutien décharge le personnel spécialisé et lui permet d'effectuer d'autres tâches plus complexes. 

Les citoyens suisses ont jusqu'au 14 juin pour se former une opinion. D'après les sondages, les résultats s'annoncent serrés pour les deux objets.

Frapp - Nathan Gendre
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