Une relation compliquée entre Alexis Monney et le Lauberhorn

A Wengen, le Fribourgeois a déjà vécu plusieurs expériences, mais il n'a jusqu'à présent jamais réussi à décrocher une place parmi les meilleurs.

Alexis Monney sera aligné vendredi et samedi à Wengen. © KEYSTONE

Lors d'une rencontre avec les médias mercredi soir, Monney esquisse un sourire lorsqu'on lui demande quelle est sa relation avec Wengen. "J'aime beaucoup Wengen, répond le Fribourgeois avec malice, mais j'ai parfois l'impression que la piste ici ne m'aime pas beaucoup."

Son regard rétrospectif montre ce qu'il veut dire. L'année dernière, Monney a brièvement perdu le contrôle d'un ski dans le Ziel-S et a percuté la dernière porte. Alors que ses coéquipiers Marco Odermatt et Franjo von Allmen ont terminé respectivement 1er et 2e, Monney a encaissé un amer zéro pointé.

Mais il y a aussi l'autre revers de la médaille: Monney a réalisé son tout premier top 10 en Coupe du monde il y a trois ans, également à Wengen, avec le dossard 37. Cependant, ce qui reste surtout dans les mémoires de cette course, c'est qu'il a évité de justesse une chute après le saut de la Tête de chien. "Essaie d'arriver en bas vivant", s'était-il dit à l'époque.

Mieux gérer la pression

Monney tente maintenant une nouvelle fois d'intégrer dans le top 8 à Wengen. Il peut être prudemment optimiste, car il a récemment réussi à débloquer la situation à Livigno. Il a terminé 2e du Super-G et est monté pour la première fois de la saison sur le podium. Auparavant, il avait eu des difficultés avec les sauts lors des courses à Val Gardena, ce qui l'avait conduit à l'élimination lors de la deuxième descente.

Le podium à Livigno lui a enlevé un poids, explique Monney. "Je peux désormais aborder les départs avec plus de décontraction." Gérer la pression croissante a longtemps été un sujet important pour lui, en particulier lors des courses à domicile. Aujourd'hui, il se laisse moins paralyser par les attentes qu'il génère. Cette année, il aborde l'agitation de Wengen non seulement avec plus de sérénité, mais aussi avec impatience.

Le fait qu'après Livigno, son billet pour les JO soit pratiquement assuré le soulage également. En tant que vainqueur de la descente et 3e du Super-G l'an passé sur la piste olympique de Bormio, il avait déjà fourni de bons arguments pour être retenu. Jusqu'à Livigno, il n'avait toutefois pas encore répondu aux attentes.

Pas un spécialiste de la glisse

"Les descentes précédentes étaient plutôt pour les bons glisseurs, mais les courses à venir me conviennent mieux", explique le skieur des Paccots. Après Wengen, la prochaine classique au programme est Kitzbühel. L'année dernière, sur la Streif, le Fribourgeois n'était qu'à 0''08 de sa deuxième victoire en Coupe du monde. La piste lui convient.

Et à Wengen, Monney sait exactement ce qu'il doit observer avant les deux courses de vendredi (Super-G) et samedi (descente): "J'ai surtout un peu de mal en haut à trouver les bons réglages et à aller vite." S'il trouve la solution, la relation compliquée entre Monney et le Lauberhorn pourrait enfin s'apaiser après de nombreux rebondissements.

ATS
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