Quand la brocante séduit toutes les générations
Ce week-end à Espaces Gruyère, les brocanteurs et brocanteuses accueillaient les visiteurs avec le sourire. Rencontre avec quelques-uns de ces passionnés.

Ce week-end, chaque coin et recoin d'Espaces Gruyère regorgeait de pépites. Derrière les 255 stands proposés, des brocanteurs et brocanteuses passionnés accueillaient le public avec le sourire. Il y en a pour tous les goûts: vêtements, vaisselle, décorations vintage, vinyles, livres… De quoi nourrir la curiosité et l’enthousiasme des près de 25 000 visiteurs et visiteuses présents, une affluence record qui dépasse celle de l’année passée. Un succès qui s’explique notamment par l’intérêt grandissant de la jeunesse pour les objets vintage et la seconde main, une tendance désormais bien ancrée.
Mais qu’en est-il du côté des exposants ?
Cet engouement se ressent également chez celles et ceux qui tiennent les stands. Alexandra, chineuse de longue date, est spécialisée dans les vêtements féminins de marque, du luxe au milieu de gamme. Sur sa table, des bijoux fantaisie d’époque viennent compléter sa sélection. Elle se fournit principalement directement chez des particuliers qui se séparent de vêtements ou vident leur appartement. Ce qui l’a récemment motivée à participer aux brocantes ? "Avant, je n’avais pas cette nouvelle clientèle très jeune. Grâce aux brocantes, j’arrive à toucher ce public", explique-t-elle.

La brocante est également un terrain d’expression artistique pour certains. Heike Maro, présente pour la troisième année consécutive, transforme des objets chinés promis à la déchetterie en créations uniques. En les customisant, elle leur offre une seconde vie et voit dans ces événements une véritable vitrine pour son travail, malgré le temps que demandent ses réalisations.

Du côté de Jean-Blaise Gollut, exposant à la brocante de Gruyères depuis quatre ans, la passion est née très tôt. Valaisan d’origine, il chine depuis l’enfance, accompagné de son grand-papa. "Il faut faire un peu de place pour pouvoir mettre d’autres choses!" plaisante-t-il. Une passion qu’il qualifie lui-même de compulsive: une fois l’espace libéré, il trouve aussitôt de quoi le remplir à nouveau. Lui aussi souligne avec enthousiasme la présence de la jeunesse: "Ça fait plaisir de voir des jeunes qui disent qu’ils adorent la brocante." Il souligne cependant que l’affluence de samedi était presque trop importante, rendant la chine parfois plus difficile.

La passion avant le profit
Derrière cette effervescence et ces échanges passionnés, la réalité économique de la brocante reste toutefois plus nuancée. Jacques Dufour, brocanteur et co-organisateur de la Brocante de la Gruyère, rappelle que malgré une salle qui grouille de visiteurs et des clients qui s’y pressent, "ce n’est pas ce qu’il y a de plus rentable comme business économique". Selon lui, les bonnes affaires se font surtout à l’achat: certains objets sont ensuite revendus au même prix, voire à perte lorsqu’il faut écouler le stock. "Ce n’est pas du 100 % gagnant", souligne-t-il.


