Un duo mère-fille à la conquête des dunes
Véronique de Sybourg-Siffert et sa fille Alix ont terminé 2èmes du Rallye des Gazelles. Une expérience qu'elles voulaient partager depuis longtemps. Un autre duo suisse s'est illustré dans la catégorie 4x4.

Voilà des années qu'elle rêvait de ce moment. À tout juste huit ans, Alix de Sybourg écoute sa mère lui raconter sa toute première participation au Rally Aïcha des Gazelles, au Maroc. "Je crois que c'est directement après cette première fois que je lui avais dit qu'on le ferait un jour ensemble'", raconte la jeune de Magnedens.
Ce rêve, elle l'a accompli douze ans plus tard, le 27 mars dernier, quand les deux Fribourgeoises ont pris le départ de la 35e édition de l'événement entièrement féminin. Au programme: six étapes de 70 à 290 kilomètres, dont les plus longues s'étalent sur deux jours et à travers toutes sortes de terrain: dunes, plaines, rochers escarpés et cours d'eau.
Il faut dire que le sport mécanique a fait partie de la vie d'Alix dès son plus jeune âge. Depuis toute petite, elle entend parler de son grand-père, Jo Siffert, célèbre pilote automobile fribourgeois. Enfant, elle s'adonne au karting avec son frère Grégory, avec plusieurs participations au Vega Trofeo et en championnat suisse. "La toute première fois qu'on m'a emmenée faire du kart, je n'avais pas envie d'y aller", se rappelle la navigatrice de 21 ans, "mais dès que je suis montée dedans, j'ai adoré!"
Elle suit aussi avec beaucoup d'intérêt la carrière de son frère, qui court aujourd'hui en endurance.
Plus de 1'000 km de désert sans GPS
Sa mère Véronique, elle, en pince pour le rallye. Plus particulièrement pour cette course d'orientation à travers le désert marocain, à laquelle elle participait pour la neuvième fois cette année. "On travaille avec des vieilles cartes des années 60, sur lesquelles on nous biffe encore certaines informations", explique-t-elle. "On fait entre 1'000 et 1'200 kilomètres de rallye, complètement hors-piste."
Ici, l'objectif n'est pas la vitesse, mais de parcourir la distance la plus courte possible entre plusieurs balises. Certaines étapes se jouent à une dizaine de mètres près. "Si quelqu'un n'a pas le sens de l'orientation, il ne faut pas faire ce genre de choses!", plaisante Véronique. Dans l'environnement sauvage que traversent les équipages, aucun repère pratique comme une église ou un chemin de fer. "L'observation est le maître mot", résume la pilote du duo.
Esprit de compétition partagé
Heureusement pour les deux coureuses, la complicité a bien tenu entre elles, même une fois derrière le volant. "La seule chose qui me faisait peur, c'était qu'on se dispute un peu souvent", avoue Alix. "Au final, pas du tout, ça s'est hyper bien passé."
"Lors de notre première étape sur deux jours, j'ai fait une bêtise", admet de son côté Véronique. "Heureusement, on roulait très lentement, par-dessus de très grands cailloux. Je me suis arrêtée parce que j'ai vu une tranchée, sauf que je n'ai pas vu la précédente. On est tombé dans une cassure dans le terrain."
Les deux femmes se retrouvent alors devant un choix épineux: tenter de dégager le véhicule elles-mêmes ou appuyer sur le bouton de secours de l'équipe mécanique. "Ça nous aurait coûté 150 kilomètres de pénalité. À ce moment-là, au revoir le classement, le podium... notre rallye se serait fini ici", enrage Véronique.
La chance sourit alors aux Fribourgeoises. Des compétitrices en quad arrivent peu après et les aident à libérer leur buggy. La mère et sa fille se remettent en route, mais avec une pression redoublée. Véronique sait à quoi s'attendre en ce qui concerne l'état d'esprit de sa coéquipière: "Je rentre très rapidement dans la compétition. Je n'avais pas tellement de doute à ce sujet concernant Alix."
"Ce soir-là, j'étais vraiment dépitée", confirme l'intéressée. "Je me suis dit, ça y est, c'est fini, on va se retrouver dernières. Au final, on a quand même passé une bonne soirée et le lendemain, on a vu que ce n'était pas si grave que ça et qu'on avait quand même très bien fait cette étape."
"Quand on voit que la première journée se passe bien, forcément, si on a un tout petit peu l'esprit de compétition, on fonce dans le tas, on y va", continue sa maman.
Et cette détermination a payé. Le duo de Sybourg-Siffert repart avec le trophée du Challenge SSV, qui récompense la meilleure équipe de buggy. Elles ont aussi obtenu la 2ème place du classement général de leur catégorie.
Même après leur retour en Suisse, les émotions sont fortes. "On a vécu une expérience tellement extraordinaire. J'ai encore un peu de mal à réaliser que c'est fini", conclut Véronique. "Je comprends maintenant pourquoi beaucoup de femmes y retournent", ajoute Alix, qui caresse aussi maintenant l'idée d'une nouvelle participation, en duo avec sa mère ou une amie. "C'est un peu addictif."
Un deuxième podium pour Mélanie Grognuz
Un autre équipage s'est illustré lors du même événement, mais dans la catégorie 4x4. Mélanie Grognuz, de Mannens, et sa coéquipière vaudoise Carine Randin étaient de retour après une 1ère place en 2025. Elles se placent 3èmes cette année. "La moindre erreur coûtait très, très cher, cette année", commente la Fribourgeoise. "Il a fallu s'accrocher du début à la fin pour gagner cette troisième place, et on est super contentes de l'avoir obtenue."
