Thomas Bussard: "J'avais envie de montrer ma valeur"
De retour d'Azerbaïdjan, le skieur alpiniste Thomas Bussard revient sur sa récolte phénoménale lors des championnats d'Europe.
La Télé: Trois disciplines, trois médailles. La récolte a été faste pour vous, Thomas Bussard, lors des championnats d’Europe en Azerbaïdjan. Mercredi, l’argent en sprint, jeudi, l’or sur le relais mixte avec Marianne Fatton, et vendredi, l’argent en individuel derrière Rémi Bonnet. Peut-on dire que vous avez mangé du lion?
Thomas Bussard: Oui, c’est clair, on peut utiliser l’expression. Je me suis simplement préparé du mieux possible pendant le mois de février. Après avoir subi une grosse frustration, je me suis dit qu’il fallait absolument que je me relève rapidement, car j’avais envie de montrer ma valeur. Je pense que j’ai réussi à le faire sur ces championnats.
Cette médaille d’argent en individuel, derrière l’indétrônable Rémi Bonnet, a-t-elle une saveur particulière?
Depuis deux ans, je me suis surtout concentré sur le sprint et le relais mixte en vue des Jeux olympiques, et j’avais un peu délaissé l’individuel, la discipline reine, cette course d’une heure et demie. Finir deuxième derrière Rémi, pour moi, ça représente beaucoup. C’est le meilleur de notre sport, il gagne presque toutes les courses en individuel et en vertical. Être le meilleur derrière lui, c’était une grosse surprise et une énorme satisfaction.
Le fait de ne pas avoir été retenu pour les Jeux a-t-il rendu cette victoire en relais mixte encore plus spéciale?
Ça a commencé dès le sprint, je dirais. Finir deuxième derrière le vice-champion olympique Nikita Filippov, ça m’a montré que j’aurais pu, moi aussi, me battre pour une médaille olympique. Il y a un peu d’amertume, mais ça me donne encore plus d’envie pour la suite. Courir avec Marianne sur le relais mixte, c’était aussi une belle manière de retrouver des émotions positives et de renouer avec ces disciplines qui m’avaient fait de la peine en février.
Dimanche, vous avez terminé 11e de la verticale. Vous étiez peut-être au bout du jus. Maintenant, il reste trois manches de Coupe du Monde. Dans quel état d’esprit les abordez-vous?
Je dirais relâché. J’avais misé mon pic de forme sur ces championnats d’Europe. Je suis toujours troisième du classement général de la Coupe du Monde. Je vais me concentrer sur le fait de faire les meilleures courses possibles, pour grappiller de bons points. Ce sera difficile d’aller chercher le gros globe, mais être bien placé, c’est ma motivation.
Et après il y a la Patrouille des Glaciers, la raison pour laquelle j’ai commencé ce sport. Il y a deux ans, on était restés à Zermatt à cause de la météo. Cette année, ce sera la première fois que je ferai le grand parcours avec mon frère et un autre membre de l’équipe suisse, au départ de Zermatt. Ça représente énormément pour moi, et je me réjouis vraiment de courir cette course.


