Une grève au sein de la commune de Marly

Une demi-journée de grève, une pétition de près de 600 signatures et un appel au dialogue. Le personnel du Service officiel des curatelles de la Haute-Sarine (SOCHS) a haussé le ton ce vendredi à Marly pour dénoncer la réorganisation du service voulue par la commune.

Employés, bénéficiaires et représentants syndicaux se sont réunis ce vendredi à Marly pour dénoncer la réorganisation du Service officiel des curatelles de la Haute-Sarine. © Frapp
Employés, bénéficiaires et représentants syndicaux se sont réunis ce vendredi à Marly pour dénoncer la réorganisation du Service officiel des curatelles de la Haute-Sarine. © Frapp
Employés, bénéficiaires et représentants syndicaux se sont réunis ce vendredi à Marly pour dénoncer la réorganisation du Service officiel des curatelles de la Haute-Sarine. © Frapp
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Ce vendredi matin, le personnel du Service officiel des curatelles de la Haute-Sarin curatrices, collaborateurs administratifs, bénéficiaires et représentants syndicaux ont fait grève pour dénoncer une réorganisation qu'ils jugent mal menée. "Après des mois où le Conseil communal fait la sourde oreille, nous voulons tirer la sonnette d’alarme et obtenir une véritable négociation", résume Gaétan Zurkinden, secrétaire régional du SSP.

Le Syndicat des services publics (SSP) a aussi remis à la commune de Marly une pétition forte de près de 600 signatures. Le syndicat ne dit pas être opposé à une évolution du service. En revanche, il demande que l’ensemble du personnel qui le souhaite soit repris dans la future structure et que les salaires ainsi que les conditions de prévoyance soient garantis.

Une pétition réunissant près de 600 signatures a d’ailleurs été remise à la commune.

"Derrière chaque collaborateur, il y a des dizaines de relations de confiance"

Si les employés dénoncent l’incertitude qui pèse sur leur avenir, ils insistent surtout sur les conséquences pour les personnes qu’ils accompagnent. "Derrière chaque collaborateur, il y a des dizaines de relations de confiance qui ont été construites pendant des mois ou des années", rappelle la curatrice Zeyb Tanner. 

Pour elle, le principal risque n’est pas administratif. "Ce qui ressort le plus, c’est la peur de raconter à nouveau leur histoire. Nous connaissons beaucoup de détails qui seraient difficilement transmissibles à un nouveau curateur."
Sa collègue Sarah Marquez partage cette inquiétude. "Nous sommes pour l’évolution du service. Par contre, nous voulons que notre poste soit garanti. Les personnes concernées sont au centre de notre pratique."

Même constat du côté de Magdalena Da Costa. Forte de treize ans d’expérience comme curatrice, elle explique ne pas avoir été retenue dans la future organisation. "J’ai demandé les raisons de ce refus. J’ai souhaité collaborer et discuter. Je n’ai jamais eu de réponse." Malgré cette décision, elle assure continuer son travail "le plus longtemps possible" en restant concentrée sur les personnes qu’elle accompagne.

"Je ne dors plus bien"

Parmi les bénéficiaires présents, les échos sont similaires. Tous racontent l’importance du lien construit avec leur curateur. "Je ne dors plus bien depuis que je l’ai appris. J’ai l’estomac noué ", raconte Doris Rossi. "Quand on a enfin confiance en quelqu’un, tout recommencer est très difficile." Les changements successifs de curateurs sont déjà une réalité pour certains.

Une autre bénéficiaire explique avoir connu plusieurs personnes de référence avant de trouver une professionnelle avec laquelle elle ose enfin poser des questions et demander de l’aide  Pour les curateurs, cette confiance ne se remplace pas du jour au lendemain.

Un recours toujours pendant

La restructuration du service des curatelles est pour le moment suspendue, en raison de deux recours qui ont été déposés auprès de la Préfecture. En attendant sa décision, la procédure est gelée.

De son côté, la syndique de la commune de Marly Séverine Lago affirme avoir reçu les collaborateurs qui souhaitaient rejoindre la future structure et précise "qu'une majorité de ces personnes ont reçu de notre part une réponse quelque peu positive dans l'ensemble de l'avenir", tout en soulignant que "tout est lié à l'effet suspensif".

Concernant la grève, la commune estime avoir déjà entendu les inquiétudes du personnel lors des entretiens. Elle se dit toutefois prête à poursuivre les discussions et a proposé une rencontre avec le syndicat à la fin de l’été. "On n'a jamais fermé la porte à personne", affirme-t- elle En attendant, les curateurs poursuivent leur travail dans un climat d’incertitude.

Frapp - Marie de Saint Perier
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