Ski freestyle: Mathilde Gremaud se projette sur la saison

La championne olympique fribourgeoise évoque sa préparation et ses ambitions pour la prochaine saison et ce qui la pousse à continuer.

Mathilde Gremaud a répondu aux questions de Ici c'est Fribourg! © Keystone

Double championne olympique de slopestyle, Mathilde Gremaud a déjà marqué l’histoire du ski freestyle. En interview pour l’émission "Ici c'est Fribourg", la Gruérienne revient sur son été et sa préparation avant la reprise des compétitions.

À l’approche d’une nouvelle saison, la skieuse aborde aussi ses objectifs, les changements au programme des X Games et l’importance de maintenir la motivation après les grands succès. Elle raconte également pourquoi son titre olympique décroché à Cortina reste, à ce jour, le plus beau moment de sa carrière.

L'interview de Mathilde Gremaud

Radio Fr: Comment s’est passé votre été et comment se prépare-t-on physiquement à une nouvelle saison de ski freestyle?

Mathilde Gremaud: Plutôt bien. J’ai pu profiter d’être un peu à la maison et de me poser. On a notamment fait un camp de surf au Portugal avec plusieurs skieurs pendant une petite dizaine de jours. C’était mes vacances au mois de mai. Ensuite, j’ai repris la condition physique vers la mi-mai, avec beaucoup d’entraînements variés, en extérieur comme en salle. Je me suis presque autant entraînée que durant la saison olympique. Le travail technique avec l’équipe, sur airbag et sur les skis, a repris à la mi-juillet. Puis, à la mi-août, nous sommes partis trois semaines en Australie pour skier. Nous sommes ensuite revenus en Europe pour deux semaines d’entraînement avant la reprise de la saison.

Cette nouvelle saison est différente d’une année olympique. Quels sont vos objectifs et qu’est-ce qui change dans votre préparation?

La motivation est là, mais elle est différente de l’année passée. Lors d’une saison olympique, on sait exactement ce qu’on veut faire et quel est l’objectif. Cette année, plusieurs portes sont ouvertes. Les Championnats du monde seront importants et il y a aussi des nouveautés aux X Games, qui compteront désormais trois compétitions. Nous ferons partie d’une équipe et chacun disputera ses épreuves individuellement, mais nous récolterons des points pour un classement collectif. C’est nouveau dans un sport individuel. Mentalement, cela change un peu l’approche, parce qu’on ne se bat pas uniquement pour son propre résultat, mais aussi pour l’équipe. Pour le reste, la saison suit son cours. On continue à travailler sur de nouvelles figures et à améliorer ce qui peut l’être.

Comme tout le monde, il m’arrive de ne pas avoir envie d’aller travailler. Heureusement, la plupart du temps, je suis très contente de faire ce que je fais.

Après tous vos succès, comment entretenez-vous cette envie de gagner?

Je dirais que c’est quelque chose qui s’entretient. C’est un peu comme un feu: parfois, on remet une bûche et la flamme reprend. Mais des fois, la bûche n’est pas devant le feu. Il faut aller la chercher, la couper et la mettre dedans. À ski, c’est un peu la même chose. On a toujours envie de faire brûler le feu un peu plus fort, mais cela demande des efforts. La motivation se nourrit et s’entretient aussi. Il y a des phases où je suis moins dedans. Je vais continuer à m’entraîner et à faire de mon mieux, mais je ne vais peut-être pas faire les 2% supplémentaires que je pourrais faire. Pendant la saison olympique, je savais exactement pourquoi je m’entraînais chaque jour. Maintenant, je sais aussi que cela fait partie de mon travail. Comme tout le monde, il m’arrive de ne pas avoir envie d’aller travailler. Heureusement, la plupart du temps, je suis très contente de faire ce que je fais.

Qu’est-ce qui vous pousse à continuer lorsque la motivation est moins forte ?

Les émotions et le partage des émotions sont quelque chose de très intense. C’est clairement ce qui me fait me lever le matin. Ce qu’on vit, ce qu’on peut faire vivre aux autres et ce qu’on partage avec les gens qu’on connaît, mais aussi avec ceux qu’on ne connaît pas. Il y a également les sensations, l’adrénaline, la pression et le fait de se nourrir de cette pression. Les gens attendent des résultats. Le dépassement de soi est aussi quelque chose de très intéressant dans le sport. Pour l’instant, c’est ce qui me fait continuer et c’est ce que j’aime. Pour la suite de ma vie, on verra jusqu’à quel point je pourrai continuer à me dépasser et à évoluer dans un travail peut-être un peu plus classique.

Ce moment restera toujours dans ma mémoire.

Votre médaille d’or olympique en slopestyle à Cortina, vécue avec vos proches, est-elle le plus beau moment de votre carrière?

Oui, sans hésiter. C’est le plus beau moment de ma carrière. Aujourd’hui encore, quand j’y repense, j’ai presque les frissons. C’était tellement bien que je n’ai pas vraiment les mots pour le décrire. Est-ce qu’un jour, je vivrai quelque chose d’encore plus fort? Je ne sais pas, peut-être, peut-être pas. Mais même si une compétition future me procurait encore davantage d’émotions, je n’oublierais pas pour autant ce moment. Il restera toujours dans ma mémoire.

Le début de saison est repoussé à la fin novembre, avec la disparition de l’épreuve de Big Air de Coire. Est-ce un avantage pour vous?

Personnellement, je trouve que c’est plutôt bien, parce que cela nous laisse un peu plus de temps pour nous préparer. Les conditions sont toujours plus compliquées en début de saison et nous avons moins de temps sur la neige. Comme les compétitions commencent plus tard, l’entraînement est lui aussi décalé. Au final, cela ne change pas énormément de choses, mais cela nous donne un peu plus de temps pour souffler, réfléchir à nos objectifs et préparer la saison. On peut travailler les figures sur airbag, presque comme sur la neige. Cela nous laisse aussi davantage de marge pour développer notre créativité et réfléchir aux figures que l’on veut essayer. Parfois, on a de superbes idées en fin de saison, puis on coupe et elles finissent par s’évaporer. Elles ne reviennent pas forcément dès la première semaine d’entraînement en été. Avoir quelques semaines supplémentaires pour retrouver ces idées et les développer, c’est donc plutôt positif.

Ecoutez l'intégralité de l'interview de Mathilde Gremaud:

RadioFr. - Nathan Gendre
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