"Le skate, c'est quelque chose qui nous habite"

Tricks, chutes et liberté: au skatepark de Beauregard, à Fribourg, le skate est bien plus qu'un sport, c'est un mode de vie. Reportage.

Alexis Marchon (assis), Normand Savary (à gauche) et Frédéric Nell (à droite) font partie du comité du Public Domain Skate Club. © RadioFr.

Faire un ollie, un kickflip ou slider sur un rail. Au skatepark de Beauregard, à Fribourg, plusieurs dizaines de passionnés se retrouvent chaque semaine pour vivre leur passion. En cette fin de journée de jeudi, certains discutent, assis sur les modules, tandis que d'autres enchaînent les figures.

À côté du conteneur qui sert à ranger le matériel, Frédéric Nell, président du Public Domain Skate Club, et Alexis Marchon, membre du comité, nous expliquent leur rapport à ce sport. Pour Alexis, la vingtaine, tout a commencé avec son oncle, lui-même skateur. "Il m'avait donné une board pour mon anniversaire", raconte-t-il. C'est finalement au CO, avec quelques amis, qu'il s'est véritablement pris au jeu.

Essayer, chuter et recommencer

Progresser demande du temps, de la détermination et surtout de la répétition. "C'est vraiment juste répéter en boucle les figures jusqu'à ce que ça marche", commente Alexis Marchon. Les chutes font alors partie de l'apprentissage. "C'est un peu ce qui fait la sélection au départ. Il y a ceux qui crochent et les autres. Dès que tu fais une chute, tu te fais mal ou tu stagnes pendant quelques mois", explique Alexis.

Le skate ne se résume pas à la recherche de performance. Pour Frédéric Nell, qui pratique depuis le début des années 2000, il s'agit avant tout d'un mode de vie. En ville ou en vacances, le skateur observe différemment son environnement: "On analyse le mobilier urbain autour de nous. On s'imagine que c'est une place de jeu géante."

On est souvent des gens qui ont de la peine à recevoir des ordres. On est plutôt des personnes plus indépendantes, libres et qui arrivent à s'autogérer, s'autodéterminer.

Cette recherche de liberté occupe également une place importante dans cette culture. "On est souvent des gens qui ont de la peine à recevoir des ordres. On est plutôt des personnes plus indépendantes, libres et qui arrivent à s'autogérer, s'autodéterminer", estime le président du club.

Le regard porté sur cette pratique a lui aussi changé. Frédéric Nell se souvient d'une époque où les skateurs étaient davantage mal vus. Selon lui, l'arrivée de grandes marques comme Nike dans les années 2010 a contribué à faire évoluer les mentalités.

Aujourd'hui, il estime toutefois que le skate est moins à la mode qu'il a pu l'être. Une évolution qui, à ses yeux, n'est pas forcément négative. "C'est devenu un peu moins intéressant et ça revient plus à des gens qui sont passionnés", observe-t-il.

Chaque année, le Public Domain Skate Club organise notamment le Skate Day, le 21 juin. Le comité souhaite également proposer des cours de skate l'année prochaine, avec l'objectif de transmettre cette pratique à de nouveaux adeptes.

RadioFr. - Léo Martinetti
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