Pour Steiert, Siggen et Curty, c'est l'heure du bilan

Le Gouvernement fribourgeois défend son bilan 2022-2026. Trois de ses membres quitteront l’Exécutif à la fin de l’année.

Pour Jean-François Steiert (à gauche), Jean-Pierre Siggen (au centre) et Olivier Curty (à droite), l'heure est au bilan avant le départ. © RadioFr.

Le Conseil d’État fribourgeois estime avoir tenu le cap, malgré une législature mouvementée. Trois de ses membres quitteront l’Exécutif à la fin de l’année, après cinq ans marqués par des dossiers majeurs et quelques revers.

La pandémie, la guerre en Ukraine et les tensions économiques ont rythmé la législature 2022-2026. Réunis mercredi devant la presse, les sept conseillers d’État ont défendu un bilan globalement positif. Quatre d’entre eux briguent un nouveau mandat lors des prochaines élections cantonales. Focus sur les trois ministres qui ne se représentent pas: Jean-Pierre Siggen, Olivier Curty et Jean-François Steiert.

LAFE: un revers pour Jean-Pierre Siggen

Le refus populaire de la loi sur l’assainissement des finances de l’État (LAFE), le 26 avril dernier, constitue l’un des principaux échecs de la législature. Le ministre centriste Jean-Pierre Siggen, régulièrement critiqué pour sa politique de rigueur budgétaire, défend pourtant sa stratégie. "L’austérité, c’est diminuer les dépenses, diminuer les prestations de l’État. Mais, en réalité, elles ont continué d’augmenter et de plusieurs pourcents."

Selon Jean-Pierre Siggen, l’objectif était de freiner la croissance des charges, et non de réduire les prestations publiques. Il reconnaît toutefois que l'Exécutif n’a pas réussi à expliquer cette distinction à la population. Le centriste estime que le calendrier de la votation et la circulation de fausses informations sur les réseaux sociaux ont également compliqué la campagne.

Rolex, éoliennes et climat: des dossiers emblématiques

Pour Olivier Curty, l’arrivée de Rolex à Bulle figure parmi les réalisations marquantes de son mandat. Le ministre du Centre a également porté le dossier éolien, qui continue de diviser la population. Il défend la planification cantonale, confirmée selon lui par plusieurs études récentes. "Je pense qu’il faut travailler sur un projet concret et impliquer très tôt la population régionale pour qu’elle puisse aussi se prononcer." Le développement de l’énergie éolienne reste donc un chantier ouvert pour le canton.

De son côté, le socialiste Jean-François Steiert met en avant l’adoption de la loi sur le climat, la nouvelle Bibliothèque cantonale et universitaire (BCU), la couverture autoroutière de Chamblioux et la décarbonation des bus des Transports publics fribourgeois (TPF). Son département a toutefois essuyé des critiques pour la lenteur du traitement des permis de construire. Le conseiller d’État affirme que le canton a progressé dans les comparaisons intercantonales, passant du 22e rang il y a dix ans au 15e rang aujourd’hui. Il souligne aussi la hausse du nombre d’oppositions et de recours, ainsi que la complexité croissante des dossiers.

Des chantiers qui se poursuivront après 2026

Au-delà de ces dossiers, le bilan gouvernemental met en avant la numérisation des prestations publiques, le renforcement de la formation et les avancées dans les domaines de la santé et de la transition énergétique. Le Conseil d’État reconnaît néanmoins deux échecs dans les urnes durant la législature: la réforme du désenchevêtrement des tâches entre l’État et les communes, ainsi que la LAFE.

Plusieurs projets devront se poursuivre après le départ des trois ministres, notamment le futur centre hospitalier de Bertigny. Le Gouvernement estime également que la collaboration entre les différents départements s’est renforcée, tout en insistant sur la complexité croissante des dossiers.

Le reportage de La Télé sur le bilan des futurs ex-conseillers d'État:

Frapp / RadioFr. - Léo Martinetti
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