Seuls quelques lacs suisses épargnés par la moule quagga

Le premier signalement de la moule quagga en Suisse date d'il y a dix ans. Depuis, le mollusque s'est disséminé dans presque tous les lacs helvètes. La lutte se concentre maintenant sur la protection des sites encore épargnés par l'envahisseur.

Un collaborateur du laboratoire de recherche sur les moules quagga de l'EAWAG analyse les moules. Cette espèce envahissante est déjà présente dans de nombreux lacs suisses. © KEYSTONE/Gaetan Bally

La moule quagga a été repérée en Suisse la première fois en 2014, dans le Rhin, près de Bâle. Des chercheurs avaient détecté des traces ADN de la moule invasive lors d'une analyse de l'eau du fleuve. Peu de temps après, des moules ont été découvertes dans Le Léman. L'espèce a ensuite essaimé dans le lac de Constance, le lac de Neuchâtel, le lac de Bienne, le lac de Morat et l'Aare. En 2024, le mollusque s'est installé dans les lacs des Quatre-Cantons, de Zoug et de Zurich.

Le plus grand lac de Suisse dans lequel la moule quagga n'a pas encore fait son nid est le lac de Thoune. Le lac de Brienz, voisin, est également préservé.

Elles voyagent souvent par bateau

La navigation fluviale et lacustre est souvent à l'origine de l'arrivée de la moule quagga dans un lac, explique à Keystone-ATS le chercheur de l'Eawag (Institut fédéral suisse des sciences et technologies aquatiques) Piet Spaak. Les moules quagga ne peuvent pas nager. Elles se diffusent par le biais des activités humaines. Les navires qui sont mal nettoyés permettent à la moule de voyager.

L'Eawag veut protéger autant que possible les lacs qui ne sont pas encore touchés. Les bateaux, les équipements de sports aquatiques et le matériel de pêche doivent être soigneusement nettoyés, contrôlés et séchés avant de passer dans un nouveau plan d'eau.

M. Spaak espère que des dispositions strictes permettront de protéger les lacs qui ne sont pas encore envahis par le mollusque. On verra avec le temps si cela est possible, ajoute le chercheur.

Outre les lacs de Thoune et de Brienz, le lac Majeur et le lac de Lugano semblent encore être épargnés par le mollusque, même si des études font mention de traces d'ADN de la moule dans leurs eaux, sans pouvoir toutefois être confirmées. Il s'agirait peut-être d'une erreur.

ATS
...