Sécheresse: Fribourg renforce son plan climat
Après un été caniculaire, le Grand Conseil fribourgeois a validé un nouveau plan climat, un paquet porté de 31 à 41 millions de francs.
Le fourrage manque cruellement cette année, en raison de la sécheresse. Lucien Demierre, éleveur fribourgeois d'une cinquantaine de vaches, résume à lui seul les difficultés de l'été. Ses soixante hectares lui permettent normalement d'être autonome en fourrage, mais cette année, ses stocks n'ont pas suffi. "Comme c'est dans toute l'Europe qu'on a de la peine à en trouver, j'ai quand même commandé un camion de luzerne venant de l'Italie», explique-t-il. Les prix plus élevés et la perte de production lui ont coûté quelque vingt-cinq mille francs.
Dix millions supplémentaires au plan climat
Cette réalité s'est invitée ce mercredi au Grand Conseil. Le Conseil d'État prévoyait initialement une enveloppe de trente et un millions de francs pour son nouveau plan climat. Le député socialiste Simon Zurich a proposé d'y ajouter dix millions. "On a pu, en commission, avec un bon travail de tous les partis, trouver une solution de compromis pour dix millions supplémentaires. On augmente d'un tiers le budget du plan climat pour des mesures efficaces sur le terrain", a-t-il déclaré. Le texte a été accepté par 91 voix contre une, avec quatre abstentions.
Le député UDC au Grand Conseil Eric Barras est satisfait que les clivages politiques ont sauté pour ce vote et d'un soutien transpartisan notamment aux agriculteurs. "Tout le monde a pris conscience de l'été caniculaire et les débats ont amené les gens à ne pas faire une politique gauche-droite. C'est formidable que tout le monde se soit mis d'accord."
Mais si l'approbation est quasi unanime, les écologistes auraient aimé voter pour une enveloppe plus grande. "31 millions, plus 10 millions, c'est une bonne chose mais on reste dans des montants relativement modestes par rapport à l'urgence climatique, regrette Liliane Galley, députée Verte au Grand Conseil. Elle ajoute que ce relèvement du fonds climat "s'attaque uniquement aux conséquences. C'est comme si on épongeait l'eau mais en laissant le robinet ouvert", image l'élue écologiste.
Agriculture, forêts et cours d'eau en priorité
Ces dix millions supplémentaires seront répartis en deux parts égales: cinq millions iront à des mesures d'adaptation et de soutien à l'agriculture, l'autre moitié aux forêts et aux cours d'eau. Le conseiller d'État en charge de l'environnement, Jean-François Steiert, a précisé que ces fonds permettront "d'aider les agriculteurs, les agricultrices qui ont eu des difficultés cet été", à la fois "pour parer au plus pressé, pour investir dans des mesures d'organisation de l'irrigation" et pour améliorer les possibilités de stockage de l'eau dans les exploitations.
Dans la foulée, les députés ont également accepté une motion d'urgence de l'UDC qui prévoit au moins 10 millions de francs pour faire face à la sécheresse, dont cinq déjà intégrés au plan climat, en priorité pour les exploitations les plus touchées.


