Des salaires au mérite? Le Conseil d'Etat favorable
Le gouvernement fribourgeois se dit favorable à un système de rémunération basé sur les performances, selon une motion de deux députés soutenue par 50 élus.

Faut-il récompenser davantage les fonctionnaires les plus performants? Le Conseil d'Etat voit d'un bon oeil la proposition des députés Christian Clément (Le Centre) et Nicolas Galley (UDC). Le Gouvernement répond à leur motion qui demande une refonte de la Loi sur le personnel de l'État (LPers). Le texte est appuyé par 50 autres élus du Grand Conseil.
Leur objectif: adapter le système d'échelons, voire le remplacer par un modèle basé sur des augmentations individuelles liées aux performances. Le système actuel prévoit une progression régulière de la rémunération sur 20 ans, via un système de paliers.
Si ce modèle garantit stabilité et prévisibilité, les motionnaires estiment qu'il atteint ses limites. Les employés les plus performants se retrouvent rapidement plafonnés sans perspectives d'évolution, tandis que l'État manque d'agilité pour s'adapter aux réalités du marché du travail, selon les motionnaires.
Le gouvernement intéressé mais prudent
Dans sa réponse, le Conseil d'État se montre favorable à l'idée. "Un remplacement des paliers par des plages de salaires qui dépendent de la qualité du travail est une proposition intéressante", affirme-t-il. Le gouvernement y voit un double avantage: rendre les postes plus attractifs, notamment pour les fonctions stratégiques en tension sur le marché de l'emploi, et mieux récompenser les efforts du personnel.
Mais la mise en œuvre ne sera pas simple. Le changement nécessiterait de nouveaux outils informatiques, des formations pour les cadres... Le tout représente un coût important et un chantier conséquent. Le gouvernement souligne d'ailleurs qu'un projet de remplacement du logiciel de gestion des salaires est déjà en cours.
Des groupes de travail se pencheront sur cette question dans le courant de l'année 2026, dans le cadre plus large des réflexions menées autour du programme d'assainissement des finances de l'État (PAFE). Le Conseil d'État propose d'accepter la motion, mais avec un délai de mise en œuvre repoussé à 2031, soit la fin de la prochaine législature.
Les syndicats vent debout
Cette prise de position gouvernementale fait bondir les syndicats. "C'est une remise en cause majeure des conditions d'engagement du service public et parapublic fribourgeois", dénonce le Syndicat des services publics (SSP). "Cela signifie: diminuer la masse salariale par le biais d'une enveloppe budgétaire qui sera réduite par rapport à la situation actuelle ; généraliser le salaire au mérite, ce qui aura également pour conséquence de réduire – voire de supprimer – la progression salariale d'une grande partie du personnel." Le Grand Conseil tranchera, alors que la population votera le 26 avril sur la Loi sur l’assainissement des finances de l’Etat.


