L'œil de René Matte sur les playoffs
L’ancien entraîneur assistant des Dragons, René Matte, s’est arrêté sur notre plateau pour évoquer le début de ces playoffs.
La Télé: René Matte, quel est votre regard sur cette série entre Fribourg et Rapperswil après trois matchs?
René Matte: Je ne suis pas très surpris. Je sais que les fans de Fribourg étaient un peu déçus après les deux premiers matchs, mais Rapperswil est arrivé avec du rythme. Ils avaient joué des matches, alors que Fribourg était resté près de deux semaines sans jouer. Le fait que Rapperswil ait gagné le premier match, et le deuxième aussi – peut-être un peu plus chanceusement – ne me surprend pas, surtout pour le premier. Tranquillement, le mode playoff est en train de s’installer du côté de Fribourg. La victoire de samedi a un peu régularisé les choses. Que la série soit à 2-1, c’est tout à fait normal face à un club qui arrive avec du rythme et de la confiance.
Fribourg a gagné l’acte III 4-0 à domicile. Avez-vous l’impression que le vent a tourné?
Oui, je pense qu’ils ont remis les pendules à l’heure. Le premier match appartenait à Rapperswil, c’était clair. Le deuxième, Fribourg avait bien joué, même s’il a été un peu indiscipliné en deuxième période. Je pense que Nyffeler a fait la différence dans ce deuxième match. Pour le troisième, sans parler d’une domination totale, les Dragons ont été bien meilleurs et Rapperswil a commis des erreurs qu’ils n’avaient pas fait lors des deux premières rencontres.
Comment gère-t-on une série qui a mal débuté pour redonner confiance à ses joueurs? On a vu Fribourg avoir de la peine à marquer avant l’acte III.
Il y a un gros travail qui se fait au niveau mental. Même en ayant perdu les deux premiers matchs, le deuxième avait été de bonne facture. Le fait que Rönnberg ait dit de ne pas paniquer, c’était la chose à faire. Ne pas paniquer et apporter les ajustements nécessaires: un changement de trio, un changement de joueurs. Pour le powerplay, on a inversé les défenseurs, Rathgeb est plus avec Wallmark, Kapla s'est retrouvé avec l'unité de Bertschy. Ce sont des petits ajustements qui donnent un regain d’énergie différente. Ne pas paniquer, mais porter les ajustements, en disant aux joueurs: "Oui, on perd 2-0, mais on a fait un très bon travail lors du deuxième match."
Andrea Glauser a rejoint l’infirmerie. Que représente-t-il dans ce contingent?
C’était peut-être la signature de l’été du côté de Fribourg. C’est un défenseur qui joue avec énormément d’intensité, très physique, qui amène du leadership. On le voit avec l’équipe nationale: il est déjà assistant capitaine, et il a même été capitaine lors d’un mondial. C’est un des leaders de cette équipe. Autant c’est un bon ajout, autant ce serait une grosse perte s’il ne revient pas dans la prochaine semaine.
Cela fait vingt ans que vous êtes arrivé en Suisse, en 2006, à Fribourg-Gottéron. Comment analysez-vous l’évolution du club?
On a fait de grands pas en avant. Quand je suis arrivé, la BCF avait déjà sauvé le club de la faillite et injecté de l’argent. Je me souviens, à mon premier camp d’entraînement, on n’avait pas de maillots parce que le matériel de l’année précédente n’avait pas été payé. Ce sont des cycles. J’ai été là neuf ans. On est parti des play-out, on a battu le champion Berne, puis l’année suivante Zurich qui était champion d’Europe. Après, on a fait trois ou quatre demi-finales et une finale en 2013. Ensuite, c’est redescendu un peu. Fribourg a aussi fait un grand pas avec la rénovation de la patinoire et les concessions qui la rendent rentable. Cela a énormément évolué en vingt ans.


