Réfugiés: le modèle des familles d'accueil s'essoufle

À Fribourg, les familles d’accueil se font plus rares, alors que les parrainages de jeunes réfugiés rencontrent un vrai succès. Dans les deux cas, l’objectif reste le même: créer du lien et favoriser l’intégration.

L'association Parmi propose des rencontres régulières entre le parrain ou la marraine et son filleul. © Pixabay - Image d'illustration

L’association Osons l’accueil lance un appel pour redonner un élan à l’accueil de personnes réfugiées dans des familles fribourgeoises. Aujourd’hui, on est loin de la vague de solidarité observée après le début de la guerre en Ukraine. À l’époque, plus de 600 familles s’étaient annoncées volontaires dans le canton. Elles ne sont désormais plus que quelques-unes.

Du côté des personnes réfugiées, les demandes pour rejoindre une famille d’accueil restent elles aussi peu nombreuses. Depuis la réforme du système de l’asile, elles passent davantage de temps dans les centres fédéraux avant d’être attribuées aux cantons. Une fois à Fribourg, beaucoup vivent ensuite en foyer ou en appartement.

Une situation que regrette Bernard Huwiler, membre fondateur d’Osons l’accueil: "Dans les familles, c’est quand même le meilleur moyen d’intégration par la langue, par les réseaux que les familles ont, pour trouver un travail."

Pour l’association, ce modèle, en perte de vitesse, a pourtant fait ses preuves. Bernard Huwiler souligne que "85% des gens qui sont dans les familles d’accueil ont trouvé un travail".

L'association Osons l’accueil demande donc au canton de relancer cette solution, notamment en communiquant davantage dans les foyers sur cette possibilité. 

Parmi cartonne et cherche des parrains

Le modèle du parrainage, lui, connaît un important succès. À Fribourg, l’association Parmi propose à des habitants de passer quelques moments par mois avec des mineurs non accompagnés, des jeunes réfugiés âgés de 15 à 25 ans arrivés en Suisse sans leur famille. Des moments qui peuvent prendre la forme d'activités communes, d'un simple café ou repas, d'un soutien pour les devoirs ou d'aide pour des démarches administratives.

Depuis sa création en 2017, plus de 300 parrainages ont déjà été mis sur pied. Mais la liste d’attente reste longue, avec environ 70 jeunes en attente. Les demandes continuent d’ailleurs d’arriver régulièrement.

Zélie Schneider, coordinatrice de Parmi, explique les avantages de ces parrainages pour les jeunes: "Ça leur permet de se faire un réseau avec des personnes aussi qui sont en dehors de tout ce milieu professionnel de l’asile, de pouvoir nouer des liens aussi sur le long terme et de pouvoir voir simplement qu’est-ce que fait une personne, une famille suisse le week-end."

Film-conférence jeudi à Fribourg

Osons l’accueil organise ce jeudi 23 avril à 18h un film-conférence au Cinémotion Rex à Fribourg. Intitulée "De la dépression à l’espoir, de l’Ukraine à la Suisse", la soirée donnera la parole à Viktoria, une réfugiée ukrainienne malvoyante, qui viendra raconter son parcours et son accueil dans le canton. L’entrée est gratuite.

RadioFr. - Loïc Schorderet
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