PS et UDC au coude-à-coude pour le Conseil d'État vaudois

Ni Jean-François Thuillard ni Roger Nordmann n'est parvenu à prendre l'ascendant dimanche lors du 1er tour de l'élection complémentaire au Conseil d'Etat vaudois. L'UDC l'a emporté sur le fil sur le socialiste et tout se jouera au 2e tour le 29 mars.

Le syndic de Froideville Jean-François Thuillard (droite) a terminé en tête du premier tour, avec moins de 2'000 voix d'avance sur le candidat socialiste. © KEYSTONE

Avec respectivement 45,07 et 44,22% des suffrages, les deux hommes sont séparés par moins de 2000 voix. Un écart très faible qui, outre la mobilisation pour le second tour, va évoluer avec le report des voix de la troisième candidate en lice, Agathe Raboud Sidorenko.

La conseillère communale lausannoise d'Ensemble à Gauche ne se représentera pas le 29 mars. Et ses quelque 18'000 suffrages obtenus dimanche devraient logiquement, du moins en partie, revenir à Roger Nordmann.

Dans un communiqué diffusé dimanche soir, la coalition de la gauche radicale n'a pas recommandé explicitement à voter pour le Lausannois de 52 ans, refusant de lui accorder "un blanc-seing". Elle appelle toutefois à ne donner "aucune voix" à l'UDC au second tour.

Campagne vs villes

Roger Nordmann, bien que devancé dimanche, semble ainsi partir avec un léger avantage pour accéder au Conseil d'Etat, et ainsi sauver le siège socialiste laissé vacant avec la démission de Rebecca Ruiz.

Jean-François Thuillard conserve néanmoins toutes ses chances de l'emporter, comme il l'a prouvé dimanche en faisant la course en tête durant l'entier du dépouillement.

L'agriculteur de Froideville a, sans surprise, fait une razzia dans les communes rurales. Et si Roger Nordmann est revenu grâce aux villes, notamment à Lausanne où il a repris près de 7000 voix à son rival, il n'est jamais parvenu à virer en tête.

"Finir premier ou deuxième, c'était secondaire. Nous savons désormais où l'on se situe avec les voix, soit quasiment à égalité", a commenté Jean-François Thuillard. "Je pars confiant pour le second tour", a-t-il ajouté, reconnaissant toutefois qu'il aurait préféré qu'Agathe Raboud Sidorenko maintienne sa candidature.

Pour finir en tête dimanche, Jean-François Thuillard a aussi profité du soutien de l'Alliance vaudoise (PLR-UDC-Centre) que certains disaient défaillante après les affaires Dittli et du bouclier fiscal. "L'Alliance a bien fonctionné ce qui est de bon augure pour les échéances de 2027 avec les élections cantonales et fédérales", a estimé le député de 60 ans, ancien président du Grand Conseil.

"Match très ouvert"

De son côté, Roger Nordmann a affirmé qu'il n'était "absolument pas déçu" d'avoir terminé derrière son rival. "Il était totalement impossible que je sois élu au premier tour, et je pense qu'il aurait été extrêmement difficile de faire mieux", a-t-il indiqué.

L'ancien chef du groupe socialiste aux Chambres fédérales a relevé que "structurellement, l'UDC alliée au PLR a une majorité par rapport au PS allié aux Verts." Avec le score du 1er tour, "on est bien au-delà de notre part", a-t-il estimé. Pour le 2e tour, Roger Nordmann a jugé que "le match sera très ouvert" et qu'il faudra "se mobiliser et se battre".

Jean-François Thuillard compte, lui aussi, ne rien lâcher jusqu'au 29 mars. Avec notamment la volonté de ramener l'UDC au Conseil d'Etat, d'où elle est absente depuis 2011 et le décès de Jean-Claude Mermoud. "L'UDC représente environ 20% de l'électorat vaudois. C'est le moment de retrouver notre siège au gouvernement", a-t-il affirmé.

Participation en nette hausse

À noter finalement que le taux de participation s'est élevé à 50,52%. C'est largement mieux que lors du 1er tour de l'élection pour le Conseil d'Etat en 2022 (34,28%) ou que lors des complémentaires de 2020 (31,84%) et 2019 (34,15%).

ATS
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