Pourquoi le prix de l'électricité ne baisse pas davantage?
La crise énergétique n'est pas totalement derrière nous, explique Claude Thürler, directeur de Gruyère Energie.
La Télé: Avec ces baisses annoncées, est-ce qu'on peut dire que la crise énergétique est derrière nous?
Claude Thürler: On ne peut pas vraiment le dire. On peut dire qu'une crise énergétique est derrière nous, mais on est encore face à d'autres défis et d'autres crises, dues à des phénomènes différents de ceux que l'on a connus ces dernières années. On a résolu une partie du problème, les perspectives sont positives, mais la sécurité d'approvisionnement pour la Suisse sur le long terme n'est pas encore résolue.
Malgré tout, vous annoncez ces baisses pour 2027. Comment les expliquer?
C'est une bonne nouvelle pour les consommateurs. Sur les marchés de gros, on a réussi à améliorer nos approvisionnements, ce qui se traduit par une baisse de la part énergie de l'ordre de 3,44%. Le réseau électrique, lui, augmente légèrement avec l'installation de nouvelles technologies, ce qui donne au final une baisse globale de l'ordre de 2%.
À l'inverse, les quelque 16'000 clients raccordés au chauffage à distance verront eux une légère augmentation. Pourquoi?
Il faut d'abord replacer les choses dans leur contexte. Le chauffage à distance de Bulle est produit à 95% à partir d'énergies renouvelables et affiche aujourd'hui l'un des tarifs les plus bas de Suisse. Nous nous situons entre 3 et 4 centimes par kWh en dessous des autres réseaux similaires de la région, ce qui est très attractif. Ce qui va légèrement augmenter, c'est la part réseau. Pourquoi? Parce que les coûts de construction et d'acquisition des matériaux ont fortement progressé, notamment en raison de la situation géopolitique. En revanche, l'énergie n'augmente pas. Les coûts du combustible restent stables. C'est donc uniquement la part réseau qui augmente, et très légèrement.
Il y a encore un autre changement important: vous allez réintroduire les tarifs été et hiver. Pourquoi?
C'est pour coller au plus près à la réalité des saisons. En hiver comme en été, on n'a pas la même consommation d'électricité. L'idée est d'avoir un tarif d'hiver qui correspond aux besoins et aux coûts de cette saison, et un tarif d'été qui reflète un profil de consommation différent. C'est la raison principale de cette réintroduction.
C'est peut-être aussi une façon de gérer les futurs surplus d'électricité solaire?
Oui, notamment. On va aussi changer les plages horaires. On aura désormais des bas tarifs tous les jours de la semaine, de 12h à 16h, alors qu'auparavant, c'était principalement la nuit et le week-end. C'est une vraie opportunité pour nos clients de modifier leurs habitudes de consommation et de réaliser des économies. C'est vraiment une bonne nouvelle.


