Pogačar: "Je veux accrocher le Romandie à mon palmarès"
Tadej Pogačar participe pour la première fois au Tour de Romandie. Interview du meilleur cycliste du monde avant le début de la 79ème édition.

Tadej Pogačar est l'attraction de cette 79ème édition du Tour de Romandie. Le Slovène y participe pour la première fois avec l'envie de gagner. Interview du meilleur cycliste du monde.
Radio Fribourg : Tu as participé au Tour du Pays de Vaud quand tu étais plus jeune. Tu te souviens de ce premier tour en Romandie ?
Tadej Pogačar : Oui, je m'en souviens. C'était un beau tour, mais j'ai beaucoup souffert parce que j'ai eu un très, très mauvais accident. J'ai encore une douleur au tendon d'Achille à cause de cet accident. J'étais assez mal et nous avions une double étape. Je suis arrivé complètement à plat le dernier jour. J'avais des problèmes d'estomac. Et l'après-midi c'était le contre-la-montre. C'était juste une semaine où chaque jour était différent. Et à la fin j'ai obtenu un top 10 dans la dernière étape. Je crois que j'en étais assez content. Mais sinon, c'était une semaine assez horrible pour moi. Non, mais c'était quand même un super tour. Je m'en souviens bien.
Le Tour de Romandie est l'une des rares courses que tu n'as jamais gagnées. Est-ce que ça compte beaucoup pour toi de compléter ton palmarès cette année ?
Oui, dans chaque course que je dispute maintenant, je veux gagner. Ce n'est pas un secret que nous voulons aussi gagner ici en Romandie. Bien sûr, chaque course est différente. C'est difficile de se battre pour gagner, mais on verra comment la semaine se passe. Si je ne gagne pas, ce ne sera pas la fin du monde, mais je ferai de mon mieux pour ajouter Romandie à mon palmarès.
Le parcours te convient-il bien cette année ?
Oui, je pense que c'est un parcours assez difficile. En décembre, quand on a planifié le Romandie, j'imaginais qu'il y aurait deux contre-la-montre, comme d'habitude. Un prologue et un contre-la-montre, mais il n'y a qu'un prologue. C'est un grand défi dans cette course sans autre contre-la-montre. J'ai été très surpris. J'ai hâte de me tester un peu, parce que je ne fais pas tant de contre-la-montre. Mais oui, le parcours me convient vraiment bien. Si tout va bien, ce sera une semaine amusante.
Sais-tu déjà sur quelles étapes tu vas te concentrer ?
D'abord mardi sur le prologue, trois kilomètres à fond. Ce sera vraiment douloureux pour les jambes et les poumons. Mais oui, je pense qu'on ira plus ou moins jour par jour. Je pense que chaque jour est une bonne occasion d'attaquer. Mais je pense aussi que les autres équipes pensent la même chose, parce qu'il y a tellement d'opportunités au cours de la semaine, peut-être même une surprise. Chaque étape semble être une bonne occasion de tenter sa chance.
Comment te sens-tu avant ta première course par étapes de la saison 2026 ? Tu la crains un peu ?
Je ne dirais pas que je la crains, mais je suis impatient, parce que je me concentre maintenant sur les courses par étapes. C'était une longue période entre les Strade Bianche et Liège-Bastogne-Liège. Il y avait beaucoup d'entraînement pour chaque objectif individuel. Et maintenant je me concentre sur les courses par étapes. Je pense que c'est bien de commencer par le Tour de Romandie. Je ne l'ai encore jamais fait. J'ai vraiment hâte de commencer.
Quelle est votre motivation ? Est-ce pareil de gagner le Tour de Romandie ou le Tour de France ?
Non, dans le Tour de France c'est bien sûr beaucoup plus grand de gagner. Mais aussi dans n'importe quelle autre course, comme dans le Tour de Romandie, gagner c'est toujours fantastique. Et chaque victoire vient d'un travail acharné et d'un dévouement. Même pour moi, gagner le Tour de Romandie serait une grande chose. Mais si on compare ça au Tour de France, alors bien sûr tout le monde dira que c'est beaucoup plus important.
As-tu vraiment besoin de courir une course par étapes maintenant ? As-tu besoin physiquement de t'habituer au rythme ? As-tu besoin mentalement de t'habituer au protocole, etc. ?
Je ne dirais pas que c'est nécessaire de courir maintenant. Je pourrais aussi rester à la maison et simplement m'entraîner et me reposer. L'équipe me paie aussi pour courir et avoir des jours de course. Je ne peux pas rester toute l'année à la maison et venir au Tour. J'aime courir. Et parfois c'est difficile de s'entraîner pendant une longue période. Donc c'est bien d'avoir une course par étapes comme le Tour de Romandie à ce moment-là, puis commencer à construire pour le Tour.
Qui sera le plus grand rival sur ce tour ?
Il y a quelques grands noms. Je pense que toutes les équipes ont au moins un coureur qui veut viser le classement général. Je pense que le plus grand nom est Primož Roglič. Ça fait longtemps qu'on n'a pas couru l'un contre l'autre, environ une semaine. Ce sera donc assez cool de courir contre Primož. On verra aussi le reste du peloton. Il y a beaucoup de bons grimpeurs ici. Il y a beaucoup de chances pour que des jeunes coureurs se montrent. On verra.
Es-tu un peu surpris que Paul Seixas ne participe pas à cette course ?
Je ne sais pas. Il y a aussi d'autres coureurs qui participent à cette course. Je ne suis pas surpris par son programme. Il fait ce qu'il doit faire. Je pense que dans le futur, nous courrons plusieurs fois l'un contre l'autre.
Tu as dit que Paul était le coéquipier le plus impressionnant que tu aies jamais vu. Dirais-tu qu'il est plus impressionnant que toi à son âge ?
Oui, définitivement plus impressionnant que moi. Quand j'avais son âge, j'étais encore en dessous des 23 ans, j'étais dans une équipe continentale. Il y avait de grandes difficultés. Je crois que j'avais 19 ans. Il est très impressionnant. Remco avait aussi 19 ans et était super impressionnant. Si tu compares Remco à 19 ans et Paul Seixas, il est possible qu'ils aient tous les deux gagné autant de courses. Mais Paul était déjà au niveau professionnel. Ce que Paul a montré hier était vraiment impressionnant.
Est-ce une bonne nouvelle d'avoir un tel rival ?
C'est certainement un défi pour les prochaines années de rester à ce niveau. Pour moi. Ou... On verra comment Paul va progresser. On verra dans les prochaines années, dans les prochaines courses, où il se montrera. Mais je pense... Oui, je pense qu'il va encore un peu s'améliorer. Et ce sera une bonne motivation pour tous les autres de le suivre.
Comment gères-tu ta popularité ? Il y aura beaucoup d'enfants et de gens. Plus qu'au Tour de Romandie. Est-ce quelque chose de naturel pour toi ?
Non, je ne pense pas que ce soit quelque chose de naturel pour qui que ce soit. Les gens sont de si grands fans. Ils te reconnaissent partout. Tu reçois beaucoup d'attention. Je ne pense pas que ce soit quelque chose de naturel. Quand je vois des enfants heureux... Aujourd'hui on a eu un beau moment à Lausanne avec quelques enfants. Ils étaient tellement excités de nous voir en équipe là-bas. On a pris quelques belles photos ensemble. C'était un beau moment. Mais parfois, quand tu veux un moment privé dans ta vie, c'est difficile à obtenir. Mais je pense qu'il faut s'y habituer. Il faut être reconnaissant pour chaque fan que tu as. Je pense que dans le cyclisme, c'est encore très bien, parce que ce n'est pas aussi grand que le football par exemple. Je pense que la base de fans est assez belle.


