Nuit de l'Aromat: Romont capitale du condiment
Elle en avait peut-être dans son biberon petite. Samedi soir, Jeanick Dayer a organisé à Romont la première Nuit de l'Aromat.

La Nuit de l'Aromat. Derrière ce nom se cache le projet un peu fou d'une Romontoise passionnée par le condiment le plus iconique de Suisse. Samedi soir, la cour de la Maison Saint-Charles a accueilli la première fête entièrement dédiée au petit flacon jaune, vert et rouge.
C'est Jeanick Dayer, géomaticienne à l'État de Fribourg et présidente du comité d'organisation, qui est à l'origine de l'événement. Pour garnir les assiettes, elle a convaincu plusieurs artisans romontois de jouer le jeu. Bruno Clerc, boucher charcutier, a proposé des saucisses de veau et des tranches de porc à l'Aromat. Le boulanger Didier Ecoffey s'est chargé des flûtes et des croissants au jambon. Quant à David Grandjean, il a relevé le défi le plus audacieux: des dragées aux noisettes, au chocolat... et à l'Aromat.
Interview de Jeanick Dayer, présidente de la Nuit de l'Aromat
Frapp: C'est quoi cette passion pour l'Aromat?
Jeannick Dayer: Depuis le plus loin que je m'en souvienne, j'ai adoré l'Aromat. Certains diraient que j'en avais dans le biberon, ou que je suis tombée dedans quand j'étais petite comme Obélix dans la marmite. Chez ma grand-maman en Valais, il y en avait toujours un qui trônait au milieu de la table. Ma maman en était très fan aussi. Et maintenant j'ai donné le virus à mes enfants, qui dégainent toujours l'Aromat à chaque fois qu'ils cuisinent.
C'est quoi qui vous plaît autant?
C'est surtout le goût, je trouve ça tellement bon. C'est goûtu, c'est la couleur du soleil, et puis c'est rassembleur. Que tu aimes ou que tu n'aimes pas l'Aromat, tu le connais. Ce petit côté jaune, rouge, vert, il est solaire, il est sympa.
Et de là à organiser une fête, il y a un pas...
Ça faisait quand même un petit moment que j'en parlais à droite à gauche. Mais les premières personnes à qui j'en parlais disaient: "ouais, mais c'est quoi cette connerie encore que tu vas faire?" Ça m'embêtait, parce que je me disais que je ne renoncerai pas. Et puis un dimanche matin, je suis tombée sur une équipe aussi folle que moi. Je leur ai dit: "écoutez, moi j'ai toujours rêvé de faire la Nuit de l'Aromat, est-ce que vous êtes d'accord de partir avec moi?" Et ils ont tous dit oui.
Vous avez convaincu des Romontois, mais il a fallu aussi convaincre Knorr...
Première chose en arrivant à la maison après cette réunion, j'ai écrit à Knorr. Ils m'ont répondu: "d'habitude on dit toujours non à ce genre de choses, mais vous avez l'air tellement passionnée qu'on veut bien entrer en discussion". Après une quinzaine de mails, ils nous ont souhaité plein de succès et donné l'autorisation.
Des Romontois, Knorr, et des artisans de la région. Comment ça s'est passé?
Ça faisait rire beaucoup dans les chaumières au début. Les premières fois que je suis arrivée à la commune, à la préfecture, tous les bureaux se déplaçaient pour entendre mon histoire. Mais rapidement ils m'ont pris au sérieux, parce qu'ils ont vu que j'avais un dossier, le soutien de Knorr, un comité, un budget. Ça roulait.
Et si ça se passe bien, une deuxième édition?
Même si ça ne se passe pas bien, on fait une deuxième, c'est clair! On ne s'arrête pas sur un échec. Mais on n'aura pas d'échec. Ça sera génial. Venez!


