Nouveaux droits de douane pour 60 pays
La Maison-Blanche a annoncé jeudi l'entrée en vigueur dans la nuit de nouveaux droits de douane, de 10% ou 12,5%, visant une soixantaine de partenaires commerciaux, dont la Suisse. Ces derniers sont accusés de ne pas suffisamment lutter contre le travail forcé.

A partir de vendredi 00h01 (06h01 en Suisse), ces pays verront des droits de douane de 10% ou 12,5% s'appliquer à un certain nombre de leurs produits entrant aux Etats-Unis. Ils prendront le relais des droits de douane de 10% imposés en février dernier et qui arriveront à échéance à la même heure.
Cette nouvelle surtaxe est le résultat d'une enquête lancée à la mi-mars par le représentant de la Maison-Blanche au commerce (USTR), Jamieson Greer, afin de déterminer si les partenaires commerciaux des Etats-Unis avaient totalement éliminé de leur chaîne d'approvisionnement les produits issus du travail forcé.
"Depuis plus d'un siècle, les Etats-Unis ont interdit les produits importés issus totalement, ou partiellement, du travail forcé et ont appliqué strictement cette loi", a assuré un responsable américain à la presse jeudi.
Selon lui, ces surtaxes visent à "inciter nos partenaires commerciaux à rejoindre les Etats-Unis pour éliminer le travail forcé de la chaîne mondiale d'approvisionnement".
Suisse mentionnée
Ces droits de douane supplémentaires s'appliqueront aux importations de certaines marchandises. Sont exemptés les produits qui ont déjà été chargés à bord d'un navire, qui se trouvent sur le dernier tronçon de transport vers leur destination et qui seront dédouanés avant le 28 juillet.
Les pays disposant d'une législation que les Etats-Unis estiment incomplète se voient imposer 10% sur un certain nombre de leurs produits. Ceux qui n'ont pour l'instant rien fait contre le travail forcé se verront appliquer 12,5%.
L'Union européenne y est citée, aux côtés notamment de Taïwan, du Japon et de la Suisse, comme partenaire commercial pour lequel les deux taux sont mentionnés pour les importations de certains produits aux États-Unis.
En parallèle, Washington affirme négocier avec les différents pays concernés pour qu'ils accélèrent la mise en place d'une législation en la matière ou qu'ils appliquent davantage les textes de loi existants.
"Certains pays sont déjà passés de 12,5% à 10% parce qu'ils ont décidé d'anticiper et de mettre en place une législation. L'Inde en est un exemple", a précisé ce responsable américain. L'énergie et les matières premières qui ne sont pas produites aux Etats-Unis devraient toutefois être exclues de la liste des produits concernés.
Autre enquête en cours
La Maison-Blanche espère que cette nouvelle surtaxe ne connaîtra pas le même sort que celle mise en place l'année dernière devant la Cour suprême, qui les avait invalidés en février.
Afin de s'assurer de leur viabilité, l'USTR s'est basé sur la même loi que celle qui a permis jusqu'ici de justifier les droits de douane sectoriels, sur l'acier et l'aluminium, le cuivre, le bois de construction ou l'automobile notamment, et qui n'avaient pas été retoqués par la haute cour.
Plusieurs autres enquêtes sont également en cours, toujours en se basant sur ce même texte, notamment concernant une possible surcapacité industrielle. La Suisse, visée par la surtaxe sur le travail forcé, est également concernée par cette enquête.
Peu de temps avant cette nouvelle salve de droits de douane, le gouvernement américain avait annoncé des surtaxes sur le Brésil, concerné depuis mercredi par 25% de droits de douane sur près de la moitié de ses exportations vers les Etats-Unis.
Lundi, le Canada a été à son tour visé par une surtaxe de 50% supplémentaire, qui doit entrer en vigueur dans un mois.
Mais dans les deux cas, le gouvernement américain a déjà fait évoluer sa stratégie: plutôt que de viser l'ensemble des produits provenant de ces pays, les surtaxes ne concernent qu'une partie d'entre eux.


