Nicolas Kolly au Conseil fédéral: le Fribourgeois dit non!

Le conseiller national ne sera finalement pas candidat à la succession de Guy Parmelin. Il ne veut pas affaiblir les chances des Romands.

Nicolas Kolly est à Berne depuis 2023. © KEYSTONE

C'est chose faite. Nicolas Kolly a tranché. Le conseiller national fribourgeois renonce à la course au Conseil fédéral. L'élu de 40 ans a confirmé aujourd'hui qu'il ne briguera pas le siège laissé vacant par Guy Parmelin. "Je suis arrivé à la conclusion que ma candidature aurait affaibli les chances des Romands d'être sur le ticket final", explique-t-il. 

Le nom du conseiller national fribourgeois a pourtant rapidement été donné parmi les papables après l'annonce du départ du politicien vaudois, le 2 octobre dernier. Son collègue et compatriote fribourgeois Pierre-André Page avait été l'un des premiers à le pousser publiquement.

Bien que mis sous pression par les médias et certains membres de son parti, Nicolas Kolly a attendu le dernier moment pour se positionner. Encore en début de semaine, il s'est réuni avec ses frères "qui sont de bons conseils", avant de prendre sa décision.

Plusieurs signaux divergents

Avant cette annonce, Nicolas Kolly s'était montré ouvert à une potentielle candidature, affirmant qu'il ne se "défilerait pas" s'il arrivait à la conclusion qu'il devait être candidat.

Mais samedi dernier, lors de l'assemblée générale de l'UDC organisée à Bulle, le Fribourgeois a tempéré ses propos, assurant "ne vraiment pas avoir l'ambition de devenir conseiller fédéral". Lors de l'événement, plusieurs observateurs ont constaté que le Fribourgeois a eu la poignée de main et le contact faciles avec les élus Schwiizertütsch, au contraire de la Genevoise Céline Amaudruz, cantonnée plutôt aux élus romands. 

Egalement candidate, l'élue UDC est finalement soutenue par Nicolas Kolly. "La candidature de Céline Amaudruz est tout à fait légitime. D'autant plus que l'UDC n'a jamais eu de conseillère fédérale, bien que la question du genre ne soit pas prioritaire, ce serait un symbole fort, permettant peut-être à plus de femmes de s’engager en politique à droite", ajoute le Fribourgeois. 

A Berne depuis 2023, Nicolas Kolly n'exclut pas de viser un jour le gouvernement, mais cette hypothèse n'a pas pesé dans la balance. "Bien malin qui peut dire où chacun sera dans 10 ans. Les potentielles occasions futures n'ont pas pesé dans ma réflexion", explique-t-il.

Une situation qui "pose des questions" 

Pour rappel, les membres de l'UDC ont jusqu'à ce vendredi pour faire savoir à leur parti s'ils souhaitent se lancer dans la course à la succession de Guy Parmelin au Conseil fédéral.

Aujourd'hui, seuls la conseillère nationale genevoise Céline Amaudruz, le Soleurois Rémy Wyssmann, le Tessinois Marco Chiesa et le Bernois Pierre-Alain Schnegg ont fait acte de candidature, alors que plusieurs poids lourds alémaniques ont jeté l'éponge. Une situation qui interroge le politologue Pascal Sciarini.

"Voir l'UDC, le plus grand parti de Suisse, dans cette situation, pose des questions", explique Pascal Sciarini à Keystone-ATS. "S'il était acté au sein de l'UDC que le siège de M. Parmelin était réservé à la Suisse romande, la lecture des événements serait différente. Il y a moins de personnalités fortes, comme des élus fédéraux ou des ministres cantonaux, dans cette partie-là du pays", remarque le professeur de sciences politiques à l'Université de Genève (UNIGE).

En ouvrant le scrutin à la Suisse alémanique, le réservoir devient plus large en raison de la puissance du parti agrarien outre-Sarine et le nombre d'intéressés aurait dû augmenter, ce qui n'est toutefois pas le cas.

Un cahier des charges démentiel

Ce scénario, l'UDC n'est pas le seul parti à en avoir fait la douloureuse expérience récemment. Pour remplacer sa conseillère fédérale Viola Amherd en 2025, le Centre s'était heurté à une multitude de refus de la part des poids lourds du parti. Seul le conseiller national saint-gallois Markus Ritter et le conseiller d'Etat zougois Martin Pfister s'étaient portés candidats, le second étant élu en déjouant les pronostics.

"La charge de travail d'un conseiller fédéral équivaut à celle de plusieurs ministres de l'Union européenne. En plus de la gestion des départements, il faut aussi se partager la fonction de présidence, qui ressemble à un poste de 'Premier ministre', c'est une double fonction", étaye le politologue. Au moment d'annoncer sa démission, Guy Parmelin avait d'ailleurs parlé d'un rôle de conseiller fédéral très "intéressant, mais de plus en plus lourd à porter".

Les Chambres fédérales doivent élire le 9 décembre le successeur ou la successeure de Guy Parmelin au Conseil fédéral.

ATS / RadioFr. - Nathan Clément / Cloé Pichonnat
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