Neutralité: Fribourgeois partagés à la suite du non
Nicolas Kolly, Isabelle Chassot, Timon Gavallet ou encore Gerhard Andrey s'expriment sur l'initiative sur la neutralité.

La neutralité suisse ne doit pas changer, estiment les Suisses. Le peuple a en effet massivement rejeté l'initiative pour la neutralité déposée par Pro Suisse et des membres de l'UDC. Les initiants voulaient notamment que la Suisse ne reprenne pas les sanctions de l'Europe contre la Russie. Une situation qui aurait isolé la Confédération à l'international, selon les opposants.
Le conseiller national fribourgeois Nicolas Kolly (UDC) pense en revanche que c'est le refus de cette initiative qui va restreindre les possibilités de la Suisse sur la scène internationale. "Aujourd’hui, on aura une pression toujours plus grande d’un certain bloc pour qu’on s’allie systématiquement à lui. Ceci au détriment de la neutralité et de notre faculté à être un Etat qui peut parler à tout le monde", estime-t-il.
Neutralité ou indifférence?
De plus, selon les initiants, lorsque la Suisse reprend une partie des sanctions européennes contre la Russie, c'est déjà choisir un camp et donc briser la neutralité. La conseillère aux Etats fribourgeoise Isabelle Chassot (C) ne l'entend pas de cette oreille. "Ce n’est pas choisir un camp. La neutralité n’a jamais été l’indifférence. La Suisse doit d’abord rejoindre les sanctions de l’ONU, lorsque celle-ci les prononce. Mais elle doit aussi reconnaître lorsqu’il y a un agresseur et un agressé, pour ne pas protéger l’agresseur. L’indifférence n’est jamais bonne. L’indifférence parfois nous isole, mais l’indifférence est aussi parfois de l’égoïsme."
Timon Gavallet, président de l'UDC Fribourg, s'interroge toutefois sur les choix de la Suisse. "Ce qui me dérange, c’est qu’on a une neutralité flexible, pour ne pas dire au bon vouloir. En prenant certaines mesures, entre autres récemment contre la Russie, on a perdu cette position de médiateur et de faiseur de paix que la Suisse avait historiquement. Et puis, si on prend cette position-là, pourquoi ne pas la prendre aussi contre Israël? Ou contre les USA? C’est ce côté "neutralité à la carte" qui nous gênait", analyse-t-il.
Israël, Iran et USA, même combat
Le conseiller national vert Gerhard Andrey rejoint Timon Gavallet sur ce point là. "C’est juste! Nous, les Verts, trouvons très problématique le gouvernement israélien, qui viole également le droit international, tout comme l’Iran ou les USA. La Suisse ferait bien de toujours se positionner, d'une voix ferme, du côté du droit international. Et ce, pour commencer, parce qu’on est le pays hôte de l’ONU."


