Marie-France Roth Pasquier: "L'exécutif me plaît"

La conseillère nationale estime que le canton manque de projets fédérateurs et se lance dans la course au gouvernement fribourgeois. Interview.

Marie-France Roth Pasquier compte sur son expérience et son réseau pour convaincre au sein de son parti d'abord, et l'ensemble de la population fribourgeoise ensuite. © Keystone

C’était attendu, c’est désormais officiel. La conseillère communale bulloise, qui siège aussi au Conseil national, Marie-France Roth Pasquier annonce son intérêt pour la fonction de conseillère d’État. L’élue du Centre nous explique ses motivations et sa vision.

Radio Fribourg: Qu’est-ce qui vous motive à briguer ce poste?

Marie-France Roth Pasquier: J’ai eu une longue réflexion suite à la demande de mon parti. On m’a approchée il y a plusieurs semaines, en supposant que peut-être M. Siggen ne se représenterait pas. Il m’a fallu du temps pour me décider, car je n’étais pas certaine au départ d’être faite pour une telle fonction. J’ai beaucoup de respect pour le Conseil d’État, ce n’est pas anodin. J’ai donc pesé le pour et le contre, réfléchi à mon engagement à la commune après 15 ans, et j’en ai conclu que l’exécutif me plaisait beaucoup. Avec mon expérience fédérale, je pense que ces compétences peuvent être complémentaires pour le canton. J’aime l’exécutif et cela pourrait être une manière intéressante de terminer ma carrière.

Qu’est-ce qui vous attire concrètement dans cette fonction?

C’est le côté exécutif, similaire à ce que je vis à Bulle, mais à un autre niveau. Les décisions y sont plus rapides et concrètes que dans un législatif. On peut mener des projets et les mettre en œuvre plus directement. C’est cette dynamique qui me plaît: proposer des projets, avoir une vision pour l’avenir du canton. Aujourd’hui, je trouve que cela manque un peu. Mes expériences, notamment mon réseau fédéral, peuvent être utiles. Je ne peux pas encore dire quel département m’intéresserait le plus, cela dépendra du processus de sélection et d’élection.

Vous estimez qu’il manque une vision pour le canton. Quelle est la vôtre?

Je pense qu’il manque aujourd’hui un projet fédérateur, voire plusieurs. Cela pourrait être dans l’innovation, par exemple, où le canton pourrait devenir un acteur important. Plus globalement, il faudrait quelque chose qui rassemble les Fribourgeois et donne une image positive du canton. Ce n’est pas une critique du Conseil actuel, mais plutôt un ressenti extérieur.

Une élection signifierait la fin de vos engagements à Bulle et à Berne. Des regrets?

Oui, bien sûr. J’aime beaucoup mes fonctions actuelles. À Bulle, cela fait plus de 15 ans que je suis engagée et c’est quelque chose qui me passionne. Mais il est aussi temps de laisser la place. Au niveau fédéral, j’y suis depuis sept ans et j’ai pu construire un réseau précieux, notamment en Suisse alémanique. Ce serait donc avec regret.

Déjà deux intéressés et ce n'est pas fini

Les élections au Conseil d’État auront lieu cet automne. Le parti décidera de son ticket ce printemps. Il devrait miser sur deux candidats, dont un Alémanique.

Pour le moment, Bernhard Altermatt et Marie-France Roth Pasquier se sont dits intéressés par le Conseil d’État. D’autres centristes devraient se déclarer ces prochaines semaines. S'il y a beaucoup d'intéressés, le parti pourrait organiser une primaire.

RadioFr. - Loïc Schorderet
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