Manif anti-G7: une "nasse qui indigne"

Selon un premier bilan, trois personnes ont été arrêtées provisoirement à l'issue de la manifestation anti-G7 qui a rassemblé plus de 20'000 personnes dimanche à Genève. Une "nasse" policière mise en place dans la soirée suscite l'indignation du collectif No G7.

Selon un premier bilan policier, trois arrestations provisoires ont eu lieu en marge de la manifestation anti-G7 qui a rassemblé entre 20'000 et 30'000 personnes dimanche à Genève. © KEYSTONE/EPA/MARTIAL TREZZINI

Cette tactique policière appelée la nasse consiste à encercler un groupe de personnes pour l'empêcher de quitter une zone déterminée. Cette nasse installée à l'issue de la manifestation en début de soirée entre le quai Wilson et l'avenue de France a retenu pendant plusieurs heures près de 300 personnes, selon No G7.

Ces personnes, dont faisaient partie les organisateurs de la manifestation, ont été libérées progressivement après des contrôles d'identité. Les dernières sont sorties lundi matin. De nombreux témoignages relayés par No G7 dénoncent le manque d'eau et de nourriture pour les personnes retenues toute la nuit.

No G7 fustige "une opération policière inqualifiable". Le PS s'inquiète des conditions dans lesquelles cette opération s'est déroulée et demande des comptes.

Plus complexe

De son côté, la police genevoise explique avoir émis de nombreuses injonctions de quitter les lieux avant de boucler le périmètre. Au final, "le dispositif de sécurité a poursuivi son engagement afin de contenir les éléments perturbateurs constitués en deux black blocs, impliqués dans les violences et les dégradations".

Cette manœuvre visait à notamment à limiter la dispersion des individus violents et à interpeller les personnes soupçonnées d’avoir commis des infractions. Mais la présence de badauds et de manifestants pacifiques combinée au mode opératoire des black blocs, qui se cachent au sein du rassemblement, a rendu les contrôles plus complexes, relève la police.

Le dispositif avait été validé par le Procureur général. Au total 549 personnes ont été contrôlées sur place. Parmi celles-ci, 28 ont été acheminées dans les locaux de la police pour poursuivre les vérifications. Et ce sont finalement trois personnes qui ont été arrêtées et auditionnées, soupçonnées d'avoir tiré des engins pyrotechniques et d'avoir endommagé une voiture de police.

Presque parfait

Les investigations se poursuivent pour identifier les auteurs d'infractions. La manifestation, qui a rassemblé 20'000 personnes selon la police et 30'000 selon la coalition No G7, a été émaillée de heurts et de violences commises par environ 600 black blocs après un début de cortège sans problème.

A l'heure du bilan, la police dénombre huit abris bus détruits, quatre distributeurs TPG cassés, onze bâtiments endommagés, une voiture incendiée et quatre autres abîmées ainsi que trois câbles électriques arrachés. Un policier a été légèrement blessé.

"A mes yeux, le dispositif de maintien de l’ordre a été proche de la perfection", estime la conseillère d'Etat genevoise Carole-Anne Kast dans un entretien accordé au Temps. La cheffe du Département des institutions et du numérique (DIN) relève que l'action policière a été "très proportionnée".

Actes condamnés

Interrogée sur la pertinence de la nasse à l'issue de la manifestation, la conseillère d'Etat estime que c'est trop tôt pour tirer des conclusions. "ll faudra reprendre cette question des modalités de la judiciarisation - à savoir l’interpellation et le contrôle d’identité lors d’une situation d’émeute - ultérieurement et analyser le dispositif mis en place", ajoute-t-elle.

Le Conseil d'Etat "condamne fermement les actes de vandalisme commis par des casseurs infiltrés dans le cortège". Ces actes sont cependant restés circonscrits aux abords du parcours de la manifestation, relève le gouvernement qui relève aussi que le dispositif de maintien de l'ordre a bien fonctionné.

ATS
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