Payerne: les vols civils autorisés dès ce dimanche
Le nouveau règlement d'exploitation civile de l'aérodrome de Payerne est entré en vigueur. Voici ce que ça change.

Depuis ce vendredi, l’aéroport de Payerne fonctionne sous de nouvelles règles. Adopté par le Conseil fédéral à l’automne 2024 et approuvé par l’Office fédéral de l’aviation civile (OFAC) en décembre, le nouveau règlement d’exploitation est désormais en vigueur. Objectif affiché : rendre le site plus attractif pour l’aviation d’affaires et soutenir le développement économique régional.
Nouveaux horaires
Pour la première fois, l’aéroport de Payerne peut accueillir des vols civils le dimanche. Cette ouverture reste toutefois strictement encadrée: un maximum de 200 mouvements par an est autorisé. Cette possibilité est également étendue aux jours fériés fribourgeois.
En semaine, le premier décollage ou atterrissage peut désormais avoir lieu dès 7h, contre 7h30 auparavant. Dans des cas exceptionnels, des vols dès 6h pourront être autorisés. Le samedi, l’ouverture avance d’une heure, passant de 9h à 8h.
Autre changement notable : la pause de midi disparaît en semaine. Le samedi, les avions peuvent atterrir à midi, mais ne sont autorisés à décoller à cette heure-là qu’en cas de contraintes météorologiques ou techniques.
Pas plus de vols
Le nouveau règlement n’augmente pas le nombre total de vols civils autorisés. "Le plafond reste fixé à 8 400 mouvements civils par an, comme prévu dans le plan sectoriel de l’infrastructure aéronautique", rappelle Didier Callmander, chef d’aérodrome civil. "Ce qui change, c’est la répartition des vols dans le temps, afin de mieux répondre aux besoins, notamment pour des arrivées matinales ou le dimanche."
Selon les responsables du site, les nuisances sonores ne devraient pas augmenter. Des formulaires en ligne permettent aux riverains de signaler d’éventuels problèmes, tandis qu’un suivi annuel est exigé par l’OFAC.
Un levier économique
L'an dernier, l’aéroport de Payerne a enregistré environ 2 000 mouvements civils, contre près de 11'000 mouvements militaires. Avec l’entrée en vigueur du nouveau règlement, des jets d’affaires d’environ 15 tonnes devraient désormais fréquenter le site tout au long de la semaine.
La demande émane d’entreprises implantées dans un large périmètre régional, couvrant les cantons de Vaud, Neuchâtel, Berne et Fribourg. Elle concerne notamment des multinationales du nord lausannois ainsi que des sociétés actives dans la microtechnique et l’horlogerie neuchâteloises.
De nouvelles implantations attendues
L’élargissement des horaires vise aussi à renforcer l’attractivité du parc technologique Swiss Aeropole, qui dispose de quelque 400'000 mètres carrés de zones d’activité dédiées à l’aéronautique et à l’industrie. Pour Christel Losey Mosimann, secrétaire régionale de la Communauté régionale de la Broye (COREB), actionnaire de Swiss Aeropole SA, l’enjeu est déterminant: "Certaines entreprises attendaient la possibilité de pouvoir voler le dimanche pour évaluer une décision d’implantation."
Deux nouvelles sociétés ont déjà déposé des demandes de permis de construire: Supra, une entreprise française spécialisée dans le décolletage automobile, et Charmag, active à Estavayer-le-Lac dans la fabrication de charnières. Elles rejoindraient des entreprises déjà établies sur le site, comme Boschung, fabricant de machines de voirie, ou Destinus, qui dispose d'une start-up active dans le développement de drones.
Des réflexions sont par ailleurs en cours pour la construction d’un bâtiment supplémentaire destiné aux entreprises qui ne disposeraient pas des moyens d’investir dans leurs propres infrastructures. À terme, Swiss Aeropole vise la création de 2'000 emplois.
Un compromis après cinq ans de discussions
L’élargissement des horaires est l’aboutissement d’un processus entamé en 2020, mené en concertation avec les communes riveraines et l’Association pour la sauvegarde des intérêts des communes riveraines (ASIC). Le délai de recours ayant expiré le 19 janvier, les premiers vols civils dominicaux sont attendus dès ce week-end.
Le contingent de 200 mouvements autorisés le dimanche pourrait toutefois s’avérer insuffisant. "En fonction de l’utilisation de ces quotas, notamment le week-end, une nouvelle phase de discussions avec l’OFAC pourrait être envisagée", indiquent les responsables du site.
Lors des négociations initiales, les communes riveraines évoquaient un besoin de 350 mouvements dominicaux. "Le besoin n’est pas entièrement couvert, mais nous nous réjouissons que les horaires étendus entrent en vigueur et permettent une meilleure utilisation de l’infrastructure", conclut Christel Losey Mosimann.


