Les professionnels appellent à des États généraux
Coincés entre lacunes dans la protection de l'enfance et saturation du système, les professionnels de la branche demandent des solutions.

Leur constat est alarmant. Réunis par le Syndicat des services publics (SSP), 35 professionnels exerçant dans différentes institutions fribourgeoises de la protection de l'enfance estiment qu'il est urgent d'agir dans plusieurs domaines. Pour commencer, ils dénoncent des lacunes persistantes dans le dispositif, pointant en particulier "un Service de l’enfance et de la jeunesse (SEJ) qui demeure fortement sous pression malgré les renforts obtenus", communique le SSP ce vendredi.
Ils ajoutent que le réseau est globalement saturé, avec des listes d'attente importantes notamment pour "les mesures de soutien éducatif, les structures d’accueil thérapeutique de jour, les placements institutionnels et familiaux ou encore les suivis psychologiques", listent-ils. Ces professionnels dénoncent également que la détection des situations d'inceste et de violences sexuelles intrafamiliales est insuffisante.
De la crèche à l'école, il y a des manques
Dans le domaine scolaire, ils constatent des limites au niveau de l'école inclusive, avec "des situations d’exclusion scolaire touchant des enfants encore en âge de scolarité primaire". Il manquerait aussi des places en crèches et dans les accueils extrascolaires. Enfin, l'offre en matière de protection de l'enfance serait aussi insuffisante pour les familles germanophones, ainsi que dans certaines régions, notamment en Gruyère.
De plus, ces professionnels soulignent que les situations tendent à se complexifier, avec des enfants présentant des besoins multiples, par exemple éducatifs et psychologiques. Dans ce contexte, ils exigent "une réflexion qui dépasse les réponses sectorielles ou ponctuelles". Ainsi, ils demandent au Canton d'organiser "dans les plus brefs délais" des États généraux de la protection de l'enfance. En outre, ils ont d'ores et déjà créé une plateforme cantonale, baptisée "Plateforme 0-25" pour favoriser les échanges et la collaboration entre les différents acteurs du réseau.
Fribourg est particulièrement concerné
Pour rappel, dans le canton de Fribourg, un enfant sur vingt-cinq fait l'objet d'une mesure de protection. Après le Jura et Neuchâtel, Fribourg est d'ailleurs le troisième canton à en avoir le plus recours en Suisse.


