Les partis évaluent leurs chances à un an des élections

À un an des fédérales, tour d'horizon des cinq principaux partis suisses: leurs thèmes forts, leurs espoirs et leurs stratégies de campagne.

Les élections fédérales sont prévues le 24 octobre 2027. © KEYSTONE

Après ces vacances d’été, la Suisse entre en année électorale : le Parlement fédéral sera renouvelé en octobre 2027. Les politiciens de tout le pays se préparent à convaincre les citoyennes et les citoyens. Nos correspondants à Berne sont allés à la rencontre des vice-présidents des principaux partis pour prendre la température.

L’Union démocratique du centre part confiante, l’UDC est de loin la formation la mieux représentée au Conseil national avec 62 sièges sur 200. Elle a obtenu près de 28% des suffrages lors des dernières élections fédérales de 2023 et a depuis continué de progresser dans les parlements cantonaux.

Malgré l'échec de l'initiative contre une Suisse à 10 millions, la vice-présidente du parti, Céline Amaudruz, reste confiante: "On a quand même près d'un électeur sur deux qui nous suit". Une force qui devrait être décuplée par le front mené en solitaire par l'UDC face au paquet d'accords avec l'Union européenne. "Je pense que ce sont des éléments qui devraient pouvoir nous mener à un score similaire, voire meilleur" explique la vice-présidente de l'UDC.

L’UDC a prévu de concentrer sa campagne sur les accords bilatéraux avec l’Union européenne, car elle estime que ce dossier aura un impact majeur sur toutes les autres thématiques.

Le PS en phase "ascendante"

Le deuxième groupe le plus important du Parlement après l’UDC est le Parti socialiste avec 41 sièges. Le PS a réussi à renforcer sa base lors des dernières élections fédérales en obtenant 18,3% des suffrages et il entend bien continuer sur cette lancée.

Le parti connaît aujourd'hui un réel dynamisme, estime Valérie Piller Carrard, vice-présidente : "On le voit notamment à travers l'arrivée de nombreux nouveaux membres." Cet afflux s'explique selon elle par des campagnes qui portent leurs fruits: "On a notamment gagné sur la question des loyers. Et c'est vrai que ce genre de campagne très concrète attire de façon assez impressionnante de nouveaux membres." Pour Valérie Piller Carrard, cette dynamique confirme que le parti traverse aujourd'hui une phase "ascendante".

Pour sa campagne, le PS mise sur le lancement de deux initiatives populaires : pour limiter les primes d’assurance-maladie et lutter contre les violences de genre.

Le PLR mise sur la finance, l'économie et la prospérité

Le Parti libéral-radical est en perte de vitesse depuis plusieurs années, il a obtenu 14,2% des suffrages lors des dernières élections fédérales. Le PLR est au coude-à-coude avec le parti du Centre en tant que troisième force du Conseil national. Cette campagne s’annonce décisive pour l’avenir des libéraux-radicaux sur la scène fédérale.

Le parti a choisi avec soin les thèmes sur lesquels concentrer sa campagne. Pour Cyril Aellen, vice-président du PLR, les priorités portent sur "les aspects financiers [...], sur les aspects économiques et puis aussi sur tous les aspects qui sont liés à la prospérité du pays". Pour s'assurer la victoire, le PLR entend démontrer qu'il est la clé d'"un changement positif pour les habitants de l'entier du pays et pas seulement pour une partie d'entre eux", résume le vice-président.

Pour convaincre le peuple, le PLR va aussi miser sur le débat autour des accords bilatéraux avec l’Union européenne.

Assurance maladie, système de santé et fiscalité pour le Centre

Le Centre voit également sa base électorale s’éroder depuis plusieurs années, mais il s’est redressé aux dernières élections fédérales après son changement de nom et sa fusion avec le Parti bourgeois démocratique en remportant 14% des suffrages. Le Centre dépasse même le PLR en nombre de sièges au Conseil national (29 sièges pour le Centre contre 28 pour le PLR).

Le parti entend bien capitaliser sur cette nouvelle dynamique tout en continuant de défendre ses thèmes de prédilection. "Plusieurs études et sondages montrent que le Centre est reconnu par la population comme le parti le plus crédible en matière de système de santé et d'assurance maladie, mais aussi, par exemple, de fiscalité", explique Vincent Maitre, vice-président du Centre. Il ajoute que le parti jouit d'une "très grande crédibilité" au sein du Parlement, où plusieurs de ses compromis ont ensuite été adoptés par l'Assemblée fédérale.

Le Centre estime qu’un des dossiers majeurs de cette campagne électorale seront les Bilatérales III, car ces accords avec l’Union européenne sont fondamentaux pour la stabilité et l’économie helvétiques.

L'indépendance énergétique, un enjeu central pour les Verts

Les Verts ont fait une poussée historique en 2019 portés par la mobilisation pour le climat, mais ils ont reperdu de nombreux sièges lors des dernières élections. Avec 10% des suffrages et 23 sièges, les écologistes représentent la cinquième force politique du Conseil national. Ils vont tenter de remettre les questions climatiques au centre du débat.

Pour Léonore Porchet, vice-présidente des Verts, la question environnementale reste au cœur de la campagne. "La question environnementale, climatique, est au cœur du débat, notamment parce que l'indépendance énergétique est un sujet dont on a beaucoup parlé", explique-t-elle. Le programme énergétique des Verts constituerait selon elle la solution à cette dépendance. La vice-présidente ajoute que les thèmes du parti restent en permanence au cœur du débat: "Nous portons devant la population des thèmes importants comme les autoroutes ou le nucléaire, ce qui montre que notre programme est la solution aux préoccupations de la population."

Les Verts partent confiants dans cette campagne, car le nombre de dons au parti et de sympathisants est en forte hausse.

Le lundi 10 août, c'est au tour des Verts libéraux de dévoiler leurs ambitions.

Frapp - Marie Vuilleumier, correspondante parlementaire
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