Les manifestations lycéennes s'étendent à l'Europe
Le mouvement parti de France a atteint la Belgique et l'Italie. Fribourg n'est pas touché.

Après plus de trois semaines de mobilisation en France, des jeunes descendent aussi dans la rue en Italie, en Allemagne et en Belgique. À Bruxelles, environ 40'000 personnes se sont rassemblées vendredi près de la gare Centrale. Elles dénonçaient la hausse des frais de scolarité, le coût des transports et le manque de professeurs.
Rencontrée à Bruxelles durant la manifestation, une jeune femme exprime sa lassitude: "ça ne donne pas envie de grandir, de se projeter vers l'avenir et de décider quelles études on veut faire, parce qu'on ne sait même pas si on pourra les faire". Une autre déplore l'insalubrité de son école: "il n'y a rien qui va. Les classes sont délabrées. En hiver, on n'a même pas de chauffage et, en été, il doit faire 8000 degrés." Ce sentiment est partagé par beaucoup d'enseignants: "la jeunesse est sacrifiée".
La manifestation qui s'est tenue à Bruxelles vendredi a aussi été le théâtre de débordements, avec des casseurs d'un côté et des manifestants pacifistes de l'autre. Des scènes qui ont aussi été observées en France, où l'agressivité des forces de l'ordre est dénoncée depuis plusieurs semaines.
Ces vidéos de violences policières, de jeunes blessés et d'affrontements sont arrivées jusqu'en Belgique. Ces images ont-elles motivé ou effrayé les Belges? "On a peur, mais ça ne nous décourage pas", dit un jeune. Une autre admet que les répressions ne font que la motiver à se faire entendre.
Si la manifestation bruxelloise a été marquée par quelques dégradations, la situation a été bien plus tendue dans la ville de Liège en début de semaine. Après d’importants débordements, la police a interdit les rassemblements de plus de trois personnes jusqu’au 16 octobre.
La Suisse pour l'instant épargnée
À Fribourg, pas de revendications, mais plusieurs étudiants du collège Saint-Michel se sont fait leur propre avis sur ces manifestations. Rencontrée à la pause de midi sur la place Georges-Python, une jeune femme compatit: "je les soutiens, parce qu'ils ont raison de protester. Mais je m'inquiète de la réaction des policiers, que je trouve disproportionnée." Son amie approuve: "ça reste des enfants ou des jeunes adultes, quoi qu'ils fassent".
Les élèves du collège Saint-Michel interrogés sont tous d'accord pour dire que leur situation n'est pas comparable à celles des étudiants français ou belges. "Ici, on est écoutés. On est privilégiés".
En Suisse, aucun rassemblement n’a eu lieu pour le moment. Des appels à manifester avaient pourtant circulé en Valais, mais ils sont restés sans suite, selon la police cantonale valaisanne.


