Les députés fribourgeois ne veulent pas de digiFLUX
Depuis près d'un an, cette nouvelle plateforme de traçage des engrais et pesticides est disponible pour les agriculteurs. Elle sera obligatoire dès 2027.
L'obligation de notifier l'achat et l'utilisation de produits qui présentent un risque pour l'environnement prend un temps considérable aux agriculteurs. À Guin, Adrian Brügger passe de plus en plus de temps à faire de l'administratif. Ce député UDC au Grand Conseil fribourgeois s'oppose à ce qu'il voit comme une nouvelle surcharge de travail imposée par Berne. "Chacun doit dire ce qu'il a fait sur ses champs, quand, à quel stade des cultures, encore mettre une couche par-dessus, c'est trop!" tempête le Singinois.
Adrian Brügger est à l'origine d'une initiative cantonale, approuvée par les députés vendredi dernier, qui demande notamment de supprimer l'obligation de déclarer les livraisons d'engrais sur la nouvelle plateforme. Certains députés, comme Daphné Roulin, agricultrice de formation, restent tout de même mitigés. "Il faut plutôt voir digiFLUX comme une opportunité de simplifier cette charge administrative", défend la députée Verte. DigiFLUX doit en effet remplacer et centraliser plusieurs instruments utilisés aujourd'hui pour le contrôle des pratiques dans les fermes.
Au-delà du fond, la forme de l'interpellation interroge. Les groupes Verts et PS ont insisté durant le débat que des initiatives similaires ont déjà été portées au niveau fédéral par les cantons de Berne et Saint-Gall. Les Chambres fédérales sont donc certaines de refuser d'entrer en matière sur ce texte, qui sera considéré comme un doublon.
Sur un vote de 65 pour, 23 contre et 14 abstentions, la majorité des élus ont tout de même accepté l'initiative, que le Conseil d'État enverra dans les prochains jours à Berne.


