Les avocats des Moretti sortent du silence

Les avocats des époux Moretti, les gérants du bar "Le Constellation", ravagé par les flammes à Crans-Montana, dénoncent les "mensonges" et les "fuites" liées à l'enquête en cours.

Les époux Moretti ne veulent pas se dérober à la justice, affirment leurs avocats (archives). © KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT

S'exprimant dimanche pour la première fois dans plusieurs médias, Yaël Hayat, Nicola Meier et Patrick Michod ont indiqué que leurs clients étaient "dévastés" par le drame et que, comme "gardiens des lieux", les "morts étaient aussi leurs morts."

Les avocats ont regretté qu'une "vindicte" soit dirigée contre Jacques et Jessica Moretti, ajoutant que cette vindicte n'avait "rien à voir avec la justice." Ils ont rappelé que le couple français ne souhaitait "pas se dérober" et qu'il voulait "faire face à la justice pour que celle-ci émerge."

Des fausses informations

Les avocats ont déploré les "mensonges" et "dérives" qui ont accompagné le début de l'instruction pénale. Et de citer en exemple "la fausse vidéo" qui aurait montré Jessica Moretti fuir le bar avec la caisse.

Ils ont aussi abordé la question de l'issue de secours du bar en déclarant: "ce n'est pas parce qu'elle n'a pas été utilisée qu'elle n'était pas utilisable". Ils ont aussi rappelé que le bar avait été jugé "conforme" lors des trois contrôles effectués entre 2015 et 2020.

Les avocats ont également critiqué certaines "balivernes" sur le passé des Moretti, et notamment qu'ils auraient acheté "cash" leurs bien immobiliers alors que ceux-ci sont hypothéqués.

Ministère public sous pression

Mes Hayat, Meier et Michod ont expliqué ne pas pouvoir parler de la procédure en cours, le Ministère public ayant interdit aux différents avocats de s'exprimer sur le dossier. Or, selon eux, certaines parties ne se gênent pas pour "propager" presque quotidiennement des informations, ont-ils déploré.

"Ce n'est pas une enquête populaire et médiatique, mais une enquête judiciaire", ont-ils répété. A ce propos, ils ont appelé le Ministère public valaisan à résister aux différentes "pressions" et à travailler "en totale autarcie".

Les trois avocats ne demandent pas la nomination d'un procureur extraordinaire, estimant que le Ministère public a les moyens de mener cette enquête. Toutefois, ils disent "s'inquiéter" de ses capacités à résister à la pression, mais aussi de la "porosité" entre autorités judiciaires et politiques.

Ils ont affirmé qu'ils seraient "extrêmement attentifs" et que, si nécessaire, ils demanderaient aux procureures en charge de l'affaire de se récuser.

Mes Hayat, Meier et Michod ont aussi dit qu'ils jugeaient "inconcevables" que les charges contre leurs clients puissent être aggravées. Jacques Moretti n'aurait jamais envoyé sa femme, mais aussi des proches travailler au "Constellation", s'il pensait que le bar était dangereux, ont-ils dit en substance.

Deux auditions cette semaine

Pour mémoire, Jacques et Jessica Moretti sont poursuivis pour homicide par négligence, incendie par négligence et lésions corporelles par négligence. Si le premier se trouve en détention provisoire depuis le 9 janvier, la seconde a été laissée libre en échange de mesures de substitution, comme le retrait de ses documents d'identité ou l'obligation de se présenter quotidiennement auprès d'un poste de police.

Le Ministère public a fixé une caution de 200'000 francs pour que Jacques Moretti puisse retrouver la liberté. Ce montant aurait été réuni et il pourrait sortir prochainement de prison. Le Tribunal des mesures de contrainte doit trancher sous peu.

A noter finalement que deux nouvelles audiences ont été fixées mardi et mercredi.

ATS
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