Le WEF s’ouvre sous tension avec les États-Unis

Le Forum économique mondial commence sous tension: l’Europe et les États-Unis cherchent un accord avec Donald Trump sur les taxes douanières.

Le président de la Confédération, Guy Parmelin, s’exprime dans le Hall du Congrès lors de la 56ᵉ réunion annuelle du Forum économique mondial (WEF) à Davos. © KEYSTONE

Le Forum économique mondial (WEF) s'est ouvert mardi, les tensions entre l'Europe et les Etats-Unis sur le Groenland en toile de fond. La souveraineté et l'intégrité de ce territoire autonome du Danemark ne sont pas négociables, a déclaré la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, tout en laissant la porte ouverte à une collaboration avec les Etats-Unis.

Les surtaxes que propose Donald Trump sont "une erreur", a dit Mme Von der Leyen dans le Centre des Congrès de Davos. Le président américain a menacé huit pays européens de nouveaux droits de douane si le Groenland ne lui était pas cédé. Mme von der Leyen a promis une réponse "ferme, unie et proportionnée", tout en soulignant l'amitié qui lie l'UE aux Etats-Unis.

La dirigeante compte renforcer la sécurité dans l'Arctique, en collaboration avec le Groenland et le Danemark, mais également les Etats-Unis. Elle s'est ensuite entretenue en bilatérale avec le président de la Confédération Guy Parmelin.

Le soutien de l'UE à la Suisse après le drame de Crans-Montana et les accords bilatéraux ont été discutés, a indiqué un porte-parole de l'Allemande. Le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent a été aperçu dans les couloirs du Centre des Congrès juste après le passage de Mme von der Leyen à l'issue de la bilatérale.

Entente entre Pékin et Washington

Le vice-Premier ministre chinois He Lifeng, qui s'est exprimé à la suite de Mme von der Leyen a lui été très direct sur sa volonté de s'entendre avec les Etats-Unis, malgré les tensions tarifaires suite au retour au pouvoir de Donald Trump. Une trêve a été trouvée dans la guerre économique qui oppose les deux puissances.

La Chine et les Etats-Unis ne peuvent que gagner à coopérer, a déclaré le ministre. Il s'était réuni en bilatérale plus tôt avec le ministre de l'économie Guy Parmelin et le ministre des affaires étrangères Ignazio Cassis.

Les trois hommes ont échangé pendant près d'une demi-heure dans la maison suisse du WEF. Guy Parmelin veut actualiser au plus vite l'accord de libre-échange entre Pékin et Berne, d'importants droits de douane étant encore appliqués sur les produits suisses.

Pensée pour Crans-Montana

M. Parmelin, qui a officiellement ouvert le WEF en sa qualité de président de la Confédération, n'a pas mentionné les Etats-Unis ou le Groenland une seule fois dans son discours. Il a rappelé la neutralité, l'agilité et la stabilité de la Suisse dans un contexte géopolitique trouble, après avoir exprimé sa reconnaissance aux pays qui ont apporté leur soutien suite au drame de Crans-Montana.

La Suisse, dont la priorité est de sécuriser l'accord tarifaire avec les Etats-Unis trouvé en novembre, n'est pas directement touchée par les menaces de Donald Trump liées au Groenland. Elle a été invitée à rejoindre le "Conseil de paix" du président américain Donald Trump initialement conçu pour faire avancer le plan de paix à Gaza mais qui prend des allures de concurrent à l'ONU pour régler les conflits dans le monde.

Berne a indiqué étudier actuellement les détails de la charte et discute avec les parties concernées, dont les Etats-Unis. Elle n'a en revanche pas reçu d'invitation à la séance que M. Trump veut organiser jeudi sur le Groenland en marge du WEF.

ATS
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