Dans les exploitations de la région fribourgeoises, les réserves peinent à suivre les besoins du bétail. Producteur laitier à Romanens Cédric Barras élève une cinquantaine de vaches et n’a pas pu récolter suffisamment de maïs cette année. La faible croissance de l’herbe en juillet et août a également creusé le déficit. "Il n’y a pas eu de croissance dans l’herbe cet été. Ça fait pas mal de pertes," explique l'agriculteur de Romanens.
Pour compléter ses stocks, Cédric Barras doit donc acheter davantage. Une dépense qui pèse sur les comptes de son exploitation : "Une année normale du foin, on est autour des 28 francs les 100 kilos. Puis là, on part vite sur les 40 francs les 100 kilos." Soit une hausse qui peut atteindre 30% par rapport à une année habituelle.
Le fourrage manque, les prix s'envolent pour les éleveurs.
Cette situation concerne de nombreux exploitants. Depuis le début du mois de juillet, Gérald Ducrest, vendeur de produits agricoles, reçoit des demandes en continu. "La liste des demandes s’allonge un petit peu de jour en jour. Donc là, actuellement, je pense que j’ai une centaine de demandes de clients à devoir rappeler."
Vers des fourrages printanniers?
Face à cette forte demande, les conditions d’achat évoluent également. Les fournisseurs proposent désormais leurs marchandises au cas par cas, avec des délais de décision très courts. "Ils me disent, j’ai deux camions de luzerne à te proposer, à tel prix, tu les prends ou tu ne les prends pas? Donc, c’est vraiment un peu des offres-spots", décrit Gérald Ducrest. Le fourrage provient notamment d’Allemagne, un pays réputé pour la qualité de sa production destinée aux vaches laitières. La France et l’Italie sont désormais également sollicitées.
Pour les éleveurs, ces épisodes de chaleur et de sécheresse posent aussi la question des prochaines années. Cédric Barras estime qu’il faudra adapter les cultures aux nouvelles conditions : "À l’avenir, il faudra plutôt réfléchir à des fourrages qui poussent le printemps." Une évolution qui pourrait conduire les exploitations à moins compter sur la production estivale, devenue plus incertaine. "Peut-être s’habituer à ce qu’en juillet-août, on ne fasse pas grand-chose", résume l’éleveur.