Le canton de Fribourg participe à la plateforme CARA depuis 2021 pour permettre à ses habitants d'ouvrir un dossier électronique du patient (DEP). Entre 2016 et 2025, les coûts de développement s'élèvent à plus de 11 millions de francs. Or, seulement 4185 dossiers ont été ouverts.
En 2026, le montant engagé en faveur de CARA est supérieur à deux millions de francs. Pour cette seule année, le coût d'un DEP pour le canton est d'environ 500 francs.
De plus, le Conseil fédéral a déjà annoncé l'abandon progressif du DEP en fin d'année dernière, au profit du dossier électronique de santé. Ce nouveau système est prévu à l'horizon 2030 et les coûts seront pris en charge par la Confédération.
Les sommes considérables engagées, la faible utilisation et l'abandon programmé interrogent les députés Vincent Pfister (Centre Gauche) et Jean-Daniel Schumacher (PLR). Ils ont posé une question au Conseil d'État quant à l'utilité du DEP.
Pas de remise en question du DEP
L'exécutif cantonal y a répondu la semaine dernière. Il affirme que les investissements consentis dans le DEP ces dernières années ne sont pas perdus. Au contraire, ils constituent "les fondations de la future infrastructure nationale".
Concernant l'utilisation limitée, il estime qu'elle devrait progressivement croître au fur et à mesure que le DEP sera davantage utilisé par les professionnels de santé. Pour l'instant, il n'est pas encore pleinement intégré aux logiciels des médecins, des hôpitaux ou des pharmacies.
Enfin, le canton de Fribourg ne peut pas renoncer unilatéralement à sa contribution financière en faveur de CARA. Il doit respecter ses engagements pris en faveur des cantons partenaires (Genève, Vaud, Valais, Jura).
Au vu de tous ces éléments, le Conseil d'État estime que cette politique publique est pertinente. Le maintien de son financement à CARA lui permet en outre de conserver une capacité d'influence sur les évolutions à venir.





