Le carac fait son entrée dans le dictionnaire Le Robert

Petite tarte au chocolat emblématique des vitrines romandes, le carac a franchi un cap symbolique. Depuis le début de l’année, ce terme typiquement suisse romand figure officiellement dans le dictionnaire Le Robert.

Le terme a fait son entrée dans le dictionnaire Le Robert sous l'impulsion du linguiste Mathieu Avanzi. © La Télé

Un fond en pâte sucrée, une ganache au chocolat et, surtout, un glaçage vert surmonté d’un point de chocolat. La recette du carac fait partie des grands classiques de la pâtisserie en Suisse romande. On le retrouve dans la grande majorité des boulangeries de la région, mais presque jamais ailleurs.

Et pourtant, ce symbole gourmand vient tout juste d’entrer dans le dictionnaire français. Une reconnaissance obtenue sous l’impulsion du linguiste Mathieu Avanzi. En Suisse romande, des experts peuvent proposer des mots aux rédacteurs du Robert à Paris, qui décident ensuite lesquels intégrer. Le principe est celui d’un dictionnaire d’usage : il doit contenir des mots utiles, notamment pour qu’un Français de passage puisse comprendre un terme qu’il rencontrera souvent dans la région.

Si le mot « carac » n’apparaît que maintenant dans Le Robert, c’est parce qu’il avait longtemps échappé aux registres de langue, malgré son usage courant. Mathieu Avanzi et son équipe ont donc mené des recherches approfondies pour documenter son existence. Ils ont notamment exploré les archives de la presse romande. La première trace écrite du mot remonte à 1949, dans une publicité pour une boulangerie du Vully.

Selon le linguiste, certains détails du carac en disent aussi long sur son histoire. « Ce vert un peu bizarre nous rappelle que c’est une pâtisserie relativement récente », explique Mathieu Avanzi. « Ce genre de glaçage n’existait pas dans les fermes et les campagnes. C’était sans doute un produit de luxe, né au début ou au milieu du 20e siècle. »

Aujourd’hui, le carac est solidement ancré dans la culture romande. Preuve de cette popularité : même sans son glaçage vert, il reste un carac. Il peut se décliner en rose pour Octobre rose, en rouge pour la fête nationale ou encore prendre des formes originales. Dans la vitrine de la boulangerie Guillaume à Sugiez, on en trouve même en version bonhomme de neige pour les fêtes.

Enfin, le mot « carac » trouverait son origine dans un cacao de haute qualité provenant de Caracas, au Venezuela. Une touche d’exotisme pour une pâtisserie devenue, au fil du temps, un véritable symbole romand.

La Télé - Océane Page
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