L'argent facile piège les jeunes

Recrutés en quelques clics sur Snapchat ou Telegram, de plus en plus de jeunes sont utilisés comme "mules" dans des escroqueries.

Depuis plusieurs semaines, les titres des journaux se ressemblent. « 46 annonces d'arnaques aux faux policiers en un seul mois », « À Fribourg, les escrocs affichent le vrai numéro de la police pour mieux vous arnaquer » ou encore « Trois jeunes arnaqueurs placés en détention ». Derrière cette actualité se cache un phénomène en pleine expansion : le recrutement de jeunes sur les réseaux sociaux pour servir de « mules ».

Des recruteurs actifs sur les réseaux

Les recruteurs sont des groupes structurés, actifs depuis l'étranger, généralement depuis la France. Ils diffusent des annonces sous forme de stories ou de messages, principalement sur Snapchat et Telegram.

"Avec cette story, tous ceux qui peuvent la voir peuvent se présenter chez eux pour avoir certaines missions. On voit clairement ce qui sera demandé : aller récupérer une carte, se déplacer en Suisse", explique un représentant de la police.

Tout est pensé pour attirer un jeune public : textes colorés, emojis, promesses d'argent facile et langage familier.

Des jeunes attirés par la promesse d'argent

Les principales cibles sont des jeunes de 15 à 25 ans, souvent en décrochage scolaire ou à la recherche d'un revenu rapide.

Une fois recrutés, chacun se voit attribuer un rôle. « Il y en avait un qui faisait le chauffeur, un autre qui allait au contact de la victime et effectuait les retraits. Un principal organisait l'ensemble et gardait le contact avec les commanditaires », détaille la police.

Ces « mules » sont chargées de récupérer de l'argent, des bijoux ou des cartes bancaires auprès des victimes. Elles occupent ainsi un rôle essentiel dans le fonctionnement de ces escroqueries.

Une emprise difficile à quitter

Lors des auditions, plusieurs jeunes expliquent avoir agi sous la pression des recruteurs. "Une fois recrutés, ils doivent remettre une copie de leur pièce d'identité, souvent un selfie et leur adresse. Avec ces éléments, les recruteurs peuvent les menacer en leur disant : « On va te retrouver si tu ne fais pas le travail qu'on te demande.» "

Malgré cette pression, les conséquences judiciaires restent bien réelles. L'escroquerie est passible d'une peine pouvant aller jusqu'à cinq ans de prison. Un prix élevé pour une promesse d'argent facile.

La Télé - Victoria Delaite / Adaptation web : Marie de Saint Périer
...