Lait déversé: Cremo échappe à des poursuites
Le groupe laitier a failli provoquer une grave pollution de la Sarine l'été dernier, mais le Ministère public estime qu'aucune négligence ne peut lui être reprochée.

Selon nos informations, la procureure en charge de l'affaire a rendu sa décision à la mi-juin. Elle a prononcé une ordonnance de non-entrée en matière, estimant que le groupe laitier Cremo n'avait commis aucune négligence après les importants déversements survenus à la station d'épuration (STEP) de Fribourg.
En juillet 2025, plus de 200'000 litres de lait maigre se sont déversés de manière incontrôlée dans la STEP. Quelques jours plus tard, près de 7'000 litres de crème et de lait concentré ont également été rejetés. Ces deux incidents ont placé la station d'épuration dans une situation critique et ont failli provoquer une grave pollution de la Sarine.
À la suite de ces événements, une enquête avait été ouverte pour une possible infraction à la loi fédérale sur la protection des eaux.
Cremo devra construire un bassin d'urgence
Sur le plan administratif, en revanche, le Service de l'environnement a exigé plusieurs mesures afin de réduire le risque de pollution de la Sarine. Celui-ci était jugé "insupportable" à l'époque par le chef de la section Protection des eaux. Il est désormais "maîtrisé".
La première, et la plus urgente, consiste à aménager un bassin de rétention d'urgence. Pour le moment, une solution a pu être trouvée directement à la STEP grâce à un bassin inutilisé. À terme, cette infrastructure devra être construite par Cremo.
L'entreprise devra également assainir ses infrastructures afin de limiter ce type d'incidents et les risques de pollution. Des discussions ont régulièrement lieu entre le transformateur de lait, le Service de l'environnement et la Ville de Fribourg, propriétaire de la STEP, nous a indiqué le syndic de Fribourg, Elias Moussa.
"Le plan d'actions prévu se poursuit conformément aux échanges avec les autorités concernées. Nous n'avons pas d'autre commentaire à formuler", indique de son côté le groupe laitier.
Quant à la facture, les parties ne dévoilent pas les détails. Elles indiquent simplement que les coûts sont répartis entre les parties concernées selon le principe de causalité. Des nettoyages supplémentaires avaient notamment dû être entrepris à la STEP à la suite de ces déversements de lait.


