De l'eau par hélicoptère pour sauver les alpages
A cause de la sécheresse, des alpages fribourgeois sont ravitaillés par voie aérienne. Une opération a eu lieu ce jeudi, entre le Lac Noir et Charmey.
Le Lac Noir est le théâtre d'une une opération spectaculaire ce jeudi. Un hélicoptère survole l'eau, sous le regard de quelques curieux. Suspendue sous l'appareil, une citerne d'eau prend la direction d'un alpage isolé, où les réserves sont désormais vides. Face à l'importante sécheresse qui sévit cet été, l'approvisionnement en eau du bétail est assuré depuis mercredi par la protection civile et l'armée.
Sur l'alpage Combi, à 1600 mètres d'altitude, les pâturages ont jauni, l'air est lourd. Pour Hans, le garde-génisse qui voit les citernes se vider à grande vitesse, cette livraison d'eau est indispensable au bien-être des bêtes. "Sans eau, on ne peut pas survivre", résume-t-il. Il faut éviter une désalpe précoce.
En quelques minutes à peine, la citerne est remplie de 800 litres d'eau et l'hélicoptère approche l'alpage. Une fois au-dessus d'une grande cuve près de l'alpage, c'est au tour des assistants de vol de faciliter le déversement. Loïc Gachet est l'un d'entre eux: "Quand il y a du vent, le transport est plus difficile. Aujourd'hui, on est à plat et il y a pas trop de nuages donc ce sont des bonnes conditions." Au total, 25 rotations entre le point d'eau et les pâturages ont été effectuées durant l'après-midi.

Sur 22 alpages éligibles, huit profitent actuellement de ce soutien, en Singine, en Veveyse et en Gruyère. Certains ont renoncé, parvenant à faire des réserves lors d'orages, mais pourraient avoir besoin du soutien dans le courant du mois. De même, certains alpages qui sont alimentés ces jours pourraient l'être à nouveau dans les semaines à venir.
L'armée aura acheminé un total de 100'000 litres d'eau entre mercredi et vendredi. En comptant le travail de la PC, ce chiffre monte à environ 170'000 litres, a souligné Pierre Burton.
"Situation d'urgence"
Questionné sur l'impact climatique de ces allers-retours en hélicoptère, alors même que la sécheresse est une conséquence du réchauffement climatique, le chef de l’Etat-major cantonal de protection de la population Christophe Bifrare a déclaré qu'il avait fallu trouver "une solution rapidement" à ce problème exceptionnel. "Ce que nous entreprenons maintenant aura des conséquences bénéfiques", a-t-il ajouté.
Les coûts de l'opération ne sont pas encore connus. Ils seront répartis entre les gardiens d'alpages ayant profité de cet approvisionnement en eau. Le canton va aussi leur fournir une aide, a souligné Aurélie Brulhart Haenni, responsable de l'information à la direction des institutions, de l'agriculture et des forêts.

