Fribourg: des comptes validés sur fond de fortes inquiétudes
Le PLR refuse les comptes et alerte sur les finances de la Ville. Les autres partis se montrent aussi préoccupés, mais moins alarmistes.

La Ville doit emprunter de l'argent pour payer ses salaires. La dette augmente. Le déficit est plus important que prévu pour 2025. Et les impôts payés par les entreprises sont volatils et difficiles à estimer.
La nouvelle conseillère communale en charge des finances, Isabelle Sob, a dressé plusieurs constats, sans détour, au début de la séance du Conseil général.
Et elle a annoncé des mesures au nom du Conseil communal. Son plan pour les prochaines années consiste à geler les nouveaux postes, sauf exception, à diminuer de 10% les dépenses courantes (matériel, fournitures, etc.) dans chaque service et à trouver de nouvelles recettes. De la vente d'ancien mobilier de bureau à l'arrivée de nouveaux contribuables.
Ce message du Conseil communal a été adressé à chaque service de la Ville, car "les comptes 2025 livrent un message de fragilité financière persistante", a déclaré la conseillère communale du Centre, Isabelle Sob.
Le PLR se dit très inquiet
Ces comptes 2025 marquent la fin du déni, a lancé le conseiller général PLR David Krienbühl. "Quand une commune doit emprunter pour ses dépenses courantes, l’alarme n’est plus orange mais rouge vif", a-t-il poursuivi. Le PLR est le seul parti à avoir voté non au moment d'approuver ces comptes.
Les membres de l'UDC se sont abstenus, mais ont fait part de leurs inquiétudes pour l'avenir. Surtout concernant le degré d'autofinancement de la commune de Fribourg.
Le Centre a de son côté approuvé les comptes 2025, mais a souligné que le problème était désormais structurel. Il a salué la volonté du nouveau Conseil communal de limiter les dépenses et d'augmenter les recettes, tout en soulignant que ces mesures arrivent tard.
Une hausse d'impôts ne doit pas être taboue
A gauche aussi, les membres du Conseil général ont fait part de leurs préoccupations sur la situation financière de la Ville de Fribourg, mais de manière moins alarmiste.
Le groupe socialiste a rappelé que ces comptes déficitaires sont le résultat de choix politiques, et notamment de prestations de qualité pour la population.
Il a d'ailleurs désavoué les annonces du Conseil communal. "On ne veut pas de PAFE pour la Ville de Fribourg", a lancé Laurent Woeffray.
Plusieurs conseillers généraux socialistes ont aussi indiqué qu'il fallait réfléchir à une hausse d'impôts. "Une telle mesure pourrait contribuer à préserver les prestations à la population, surtout pour celles et ceux qui ont peu de moyens", a souligné Marc Vonlanthen.Pour les Verts, la situation est "sérieuse" et "complexe", et le Conseil communal doit rapidement présenter des mesures pour améliorer la santé financière de la commune.
Le Centre-Gauche s'est dit préoccupé et estime qu'il faudra désormais investir avec prudence. Et enfin, le collectif DAS - WAS appelle à une hausse d'impôts pour les grandes fortunes.
Au final, les comptes ont été largement approuvés, par 56 oui, 7 abstentions et 7 non.


