La villa à moins d'un million a-t-elle disparu?

Les prix des villas fribourgeoises ont franchi le million dans tous les districts. Hausse des prix, pénurie d'offre, boom des rénovations: ce qu'il faut savoir.

Un bien, même sobre, ne descend pas en-dessous du million aujourd'hui. © envato (image d'illustration)

Trouver une villa à moins d'un million dans le canton de Fribourg ressemble de plus en plus à une chasse au trésor. Si quelques opportunités subsistent encore dans certaines communes périphériques, elles se font rares. Partout ailleurs, les prix ont franchi un cap symbolique.

Posséder une villa fribourgeoise coûte désormais en moyenne 1,41 million de francs, selon les dernières données de la Banque cantonale de Fribourg. Le canton reste moins cher que son voisin vaudois, où la moyenne atteint 1,98 million. Mais l'écart se réduit d'année en année.

Au sein du canton, les différences restent marquées. La Singine demeure le district le plus abordable avec un prix moyen de 1,27 million de francs. Viennent ensuite la Glâne (1,31 million) et la Broye (1,38 million). À l'inverse, la Veveyse franchit la barre des 1,5 million, devant la Sarine (1,47 million) et le district du Lac (1,46 million).

Toujours plus d'acheteurs, toujours moins de villas

Les prix ont progressé de 5,6 % sur une année, soit davantage que la moyenne suisse. Une hausse qui s'explique avant tout par un déséquilibre persistant entre l'offre et la demande.

Les constructions neuves peinent à suivre. Les demandes de permis pour des villas individuelles ont reculé de 13 % sur un an et restent bien en dessous des niveaux observés durant la dernière décennie. Dans le même temps, la population fribourgeoise continue de croître plus rapidement que la moyenne nationale.

Résultat: les villas disponibles se comptent au compte-gouttes. Actuellement, moins de trois biens sur 100 sont en vente dans le canton. Une proportion qui poursuit sa baisse.

Le boom discret des rénovations

Face à cette pénurie, de nombreux propriétaires choisissent d'améliorer leur logement plutôt que d'en changer. Pour la première fois depuis dix ans, les rénovations dépassent les nouvelles constructions.

Près de 500 demandes de permis de transformation ont été déposées au cours des quatre derniers trimestres. C'est 60 % de plus que la moyenne observée sur dix ans.

Une partie de cet engouement s'explique par la suppression annoncée de la valeur locative au 1er janvier 2029. Certains propriétaires souhaitent lancer leurs travaux avant cette échéance afin de profiter encore des déductions fiscales liées aux frais d'entretien. Mais la tendance reflète aussi une volonté croissante d'améliorer l'efficacité énergétique des bâtiments et, au passage, leur valeur sur le marché.

Un rêve inaccessible pour certains ménages

Les villas à moins d'un million n'ont pas totalement disparu. On en trouve encore dans certaines communes de la Broye, de la Glâne ou de la Singine, souvent dans l'ancien et avec des travaux à prévoir. À proximité de Fribourg, Bulle ou Morat, elles sont devenues exceptionnelles.

Pour les primo-accédants, le principal obstacle reste l'apport personnel. Avec un prix moyen de 1,41 million de francs, les banques exigent généralement près de 280'000 francs de fonds propres. Une somme difficile à réunir pour de nombreux jeunes ménages, malgré des taux hypothécaires qui restent relativement attractifs.

À court terme, les spécialistes ne s'attendent pas à un recul des prix. Tout au plus à un ralentissement de leur progression, dans un contexte économique un peu moins dynamique.

Frapp - Alexia Nichele
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