Saint Ernest était, au XIIe siècle, l'abbé d'un monastère allemand, situé non loin du lac de Constance. Il a ensuite pris part à la deuxième croisade et il est finalement décédé en martyr. Pour lui rendre hommage, le 7 novembre 1936, un groupe de Fribourgeois prénommés Ernest a décidé de fonder la Confrérie fribourgeoise des Ernest. Depuis, chaque année autour de ce fameux 7 novembre, jour de la Saint-Ernest, les Ernest du canton se réunissent afin de partager un repas et de perpétuer la tradition.
C'est ainsi que, ce samedi, la confrérie fêtera son 90e anniversaire, à l'auberge du Tilleul à Matran. Mais les membres sont de moins en moins nombreux. À cette occasion, seule une quinzaine de convives sont attendus, conjoints compris. "Petit à petit, notre confrérie est en train de s'éteindre. Si nous ne faisons rien, elle finira par disparaître", déplore Ernestine, présidente de la confrérie. Elle est d'ailleurs la première femme à faire partie du groupe. "L'ancien président a entendu parler de moi par hasard. Il m'a alors contactée et invitée à les rejoindre. Puis, à l'issue du repas de l'année dernière, les membres m'ont élue à la présidence", explique-t-elle.
Vers une internationalisation des Ernest
Cette initiative de l'ancien président s'inscrivait déjà dans une démarche active de recrutement. Entre dépouillement du bottin téléphonique et lecture attentive des journaux, il a tout tenté pour attirer de nouveaux Ernest dans la confrérie. Et pas seulement des Ernest. Sous son impulsion, la confrérie s'est ouverte aux Ernst, Ernesto et autres Ernestine. Malgré tout, il est de plus en plus compliqué de renouveler les membres.
Forte de l'énergie débordante de la nouvelle présidente, la confrérie va toutefois mettre en place de nouvelles stratégies pour assurer sa survie. Pour commencer, Ernestine et les Ernest souhaitent accueillir des membres venant d'autres cantons, voire d'autres pays. Mais ils veulent aussi "créer des Ernest", sourit Ernestine. Comment faire? "Nous devons redonner de la visibilité à ce prénom, qui est très joli et, surtout, qui véhiculent de très belles valeurs, celles de notre illustre homonyme. Il s'agit donc de valeurs chrétiennes, mais aussi de courage et de résilience", estime la présidente.
Un étonnant pouvoir de conviction
Ernestine n'a d'ailleurs pas attendu pour mettre en pratique ses idées. Elle est parvenue à convaincre son fils et sa belle-fille de prénommer leur premier enfant Ernest. Et, comme s'il s'agissait d'un signe du destin, le petit garçon est finalement né le 6 novembre 2025, la veille de la Saint-Ernest. "J'ai hâte de pouvoir lui parler de Saint Ernest et de la confrérie. J'espère qu'un jour il en fera partie et, pourquoi pas, même la présider", se réjouit la jeune grand-maman.





