Justice: une réorganisation pour soulager les instances
Face à une surcharge de travail et des délais qui s'allongent, le Grand Conseil fribourgeois a entamé mardi la révision de la loi sur la justice.

Les instances judiciaires du canton de Fribourg sont sous l’eau. Le constat a été partagé par l’ensemble des partis politiques ce mardi au Grand Conseil. Les députés ont entamé la révision en profondeur de la loi sur la justice. L’ambition: gagner en efficacité en repensant complètement l’organisation du pouvoir judiciaire.
"Aujourd'hui, nous avons 18 autorités judiciaires réparties sur 15 sites différents", explique Bertrand Morel, député du Centre et bâtonnier de l’ordre des avocats fribourgeois. La réforme prévoit une centralisation du tribunal pénal à Fribourg. Côté civil, il n’y aura plus qu’un seul tribunal, mais avec des cours maintenues dans les régions ou les districts. "Il est nécessaire de centraliser", insiste l’élu.
Au-delà de la simplification, cette nouvelle organisation promet une meilleure flexibilité. "Si vous avez une personne qui est malade à Châtel-Saint-Denis, on pourra aller chercher des ressources à Fribourg pour les affecter sur place temporairement, ce qui aujourd’hui n’est absolument pas possible", illustre Bertrand Morel.
Les députés ont également accepté un projet qui prévoit d'octroyer une enveloppe d'urgence pour engager du personnel supplémentaire en cas de surchauffe. Une idée défendue par la commission de justice dont le vert François Ingold fait partie.
Conscient de la problématique
Il faut dire que l’urgence d'agir pour les instances judiciaires n’est pas nouvelle. Cela fait déjà depuis 2017, que cette loi doit être révisée. Interrogé sur le calendrier, Romain Collaud, directeur de la justice, promet des "solutions rapides".
"Le Conseil d’État est conscient de la problématique du pouvoir judiciaire. L’année passée, c’est le celui qui a obtenu le plus de postes de tout l’État", rappelle-t-il. Mais il concède que ces renforts ne suffisent pas. Quant à la question du budget, le conseiller d'Etat admet qu'elle limite les ambitions, mais que le gouvernement "essaie d’y travailler", assure-t-il.
La seconde lecture de cette révision de la loi sur la justice est programmée à vendredi.


