Israël pilonne une partie de Beyrouth
L'aviation israélienne a une nouvelle fois pilonné vendredi la banlieue sud de Beyrouth et visé Saïda, principale ville du sud du Liban, le Premier ministre accusant Israël de provoquer "une catastrophe humanitaire" du fait des déplacements massifs de la population.

Depuis que le Liban a été entraîné dans la guerre régionale avec l'Iran lundi, au moins 123 personnes ont été tuées et 683 blessées, selon le ministère libanais de la Santé.
L'une des principales artères de la banlieue sud, bastion du Hezbollah pro-iranien, est jonchée de débris, après une nuit d'intenses bombardements, selon les images de l'AFPTV.
Les ruines d'un immeuble totalement effondré fument encore, alors que des bâtisses environnantes sont dévastées.
"L'armée israélienne frappe actuellement les infrastructures du Hezbollah dans le quartier de Dahiyeh (banlieue en arabe, NDLR) à Beyrouth. Plus de détails à suivre", a indiqué l'armée israélienne.
Cette banlieue est désertée par ses habitants qui ont fui en masse jeudi à la suite d'un ordre d'évacuation d'une ampleur sans précédent d'Israël.
La banlieue sud, où vivent entre 600.000 et 800.000 habitants, abrite les principales institutions du Hezbollah.
Mohammad, un habitant de 39 ans qui a fui, s'inquiète pour sa maison. "Je ne suis pas encore allé vérifier l'état de la maison et je doute que quelqu'un ose s'y rendre aujourd'hui", dit-il à l'AFP, décrivant les scènes de "chaos total" après l'ordre d'évacuation jeudi.
Le Premier ministre Nawaf Salam a averti qu'un "désastre humanitaire" se profilait en raison du déplacement massif de la population.
"Arrêter cette guerre"
"Les conséquences de ce déplacement sur le plan humanitaire et politique pourraient être sans précédent", a-t-il ajouté.
Plus de 95'000 personnes ont été déplacées depuis que le Liban a été entraîné dans la guerre régionale, selon les derniers chiffres officiels.
"Notre pays a été entraîné dans une guerre dévastatrice (...) que nous n'avons pas choisie. La priorité du gouvernement libanais est d'arrêter cette guerre", a encore dit le Premier ministre.
Les frappes israéliennes se poursuivent sur le sud et l'est du pays, et un raid a visé vendredi, sans avertissement préalable, un immeuble du centre de Saïda, principale ville du sud, a indiqué l'Agence nationale d'information (Ani).
Le dixième étage d'un immeuble de bureaux, proche de deux centres scolaires qui servent de centres d'accueil de déplacés, dans la rue principale de la ville, a été touché, a constaté un photographe de l'AFP.
Des secouristes ont retiré au moins un corps des décombres et rassemblaient des restes humains, selon lui. La frappe a fait au moins cinq morts et sept blessés, selon un premier bilan du ministère de la Santé.
Depuis lundi, Israël a annoncé avoir mené 26 vagues de frappes sur la banlieue sud.
Bezalel Smotrich, ministre israélien d'extrême droite chargé des Finances, a menacé jeudi la banlieue sud de Beyrouth de subir la même dévastation qu'Israël a infligée à Gaza depuis le début de la guerre contre le Hamas palestinien.
Pour sa part, le Hezbollah a revendiqué vendredi de nouvelles attaques contre le nord d'Israël, dont une jeudi sur une base navale à Haïfa.
Le mouvement pro-iranien avait revendiqué lundi une attaque contre Israël, disant vouloir "venger" la mort de l'ayatollah Khamenei en Iran. Israël a riposté en lançant une vaste campagne de frappes aériennes sur le Liban.
La formation chiite a également indiqué vendredi que ses combattants avaient visé des blindés israéliens dans le périmètre de la localité libanaise de Khiam, à environ six kilomètres de la frontière.
Israël, dont l'armée a pénétré dans plusieurs localités du sud du Liban, a affirmé vouloir y établir une "zone tampon".


