Sue Piller: "Je n'étais pas aux JO en tant que touriste"
La skieuse fribourgeoise avait décroché à la surprise générale sa qualification pour ses premiers JO. Elle revient sur son expérience en Italie.
Radio Fribourg: Aujourd'hui, avec un peu de recul, est-ce que vous réalisez que vous venez de vivre vos premiers Jeux Olympiques?
Sue Piller: Je crois que je réalise ce que j'ai vécu aux Jeux, mais pas encore que c'était véritablement les Jeux Olympiques. Ça, je ne l'ai pas trop compris, je crois (rires).
Vous avez un drapeau olympique dans votre salle de force. Aujourd'hui, vous le regardez différemment?
Oui, quand même un petit peu. Avant, je rêvais d'aller aux Jeux à chaque fois que je regardais ce drapeau. Peut-être maintenant, ce rêve va un peu changer. Le prochain sera de gagner une médaille.
C'est à quel moment que vous avez vraiment réalisé que vous participiez aux Jeux olympiques? Quand vous avez pris le départ? Ou est-ce qu'il y a eu un moment particulier en Italie où vous avez réalisé?
Non, pas vraiment. J'ai cru que ça allait être un peu plus épique que ce que c'était vraiment. J'ai toujours cru que le jour où je serai aux JO, ça allait me faire "waouh", mais en fait, tout était normal pour moi. C'était comme une course de Coupe du Monde, alors que j'ai toujours cru que ça allait être un peu différent des autres.
Vous avez terminé 24e de ce géant. Comment est-ce que vous avez vécu cette course très concrètement?
C'était un peu difficile parce que j'avais encore beaucoup de douleurs à l'échauffement. Mais après, pendant la course, pendant les deux manches, je me suis bien sentie. Peut-être trop bien parce que c'était trop gentil, une ligne trop ronde. Il fallait vraiment aller tout droit et aller à fond sur cette neige, sur cette piste. Mais je ne suis pas trop arrivée à faire ça, malheureusement.
Justement, quand on dispute sa première course aux JO, est-ce qu'on est émerveillé? Ou est-ce que vous étiez là quand même pour la gagne, pour le meilleur chrono, pour la médaille?
Non, j'étais là clairement pour faire mon meilleur ski. Je ne dis pas gagner, c'était clair que ce n'était pas non plus ça le but. Mais je n'étais pas là en tant que touriste. J'ai pris du plaisir quand même, mais j'ai surtout pris du plaisir en skiant mon meilleur ski.
Alors, qu'est-ce que vous avez appris de cette participation?
Beaucoup de choses. Comme j'ai dit avant, ça reste une course comme les autres. Et à la fin, celle qui gagne est celle qui a été le plus rapidement d'en haut jusqu'en bas. Je ne dois pas changer des choses que je ne fais pas d'habitude juste parce que ce sont les JO. Je pense que ça, c'est important aussi pour le futur: ça reste la même chose, je peux faire mon truc.
C'est quoi la suite maintenant? C'est quoi votre prochain objectif?
Le prochain événement qui arrive, ce sont les championnats du monde junior. Je veux gagner ma médaille là-bas. Après, il y aura la suite de la Coupe du Monde. Maintenant, je suis 25e au classement. Les 25 premières peuvent aller aux finales et c'est un peu le but de la fin de la saison.
La progression est assez folle. Il y a un an, vous vous battiez pour être dans le top en Coupe d'Europe. Vous avez fait les JO, vous obtenez de très bons résultats en Coupe du Monde. Comment vous expliquez ça? C'est quoi le secret, Sue Piller?
Je pense qu'il n'y a pas vraiment de secret. Il y a plein de choses qu'on a mises en place depuis quelques années et maintenant ça paie. Mentalement, je pense que j'ai fait beaucoup de progrès. Je travaille avec un coach mental depuis deux ans maintenant. J'ai fait des progrès physiquement aussi. Tout ça se montre aussi au niveau du ski. Mais ce n'est pas que cette année qui fait que je suis là où je suis en ce moment.
Une dernière question: quel est le meilleur conseil qu'on ait pu vous donner et que vous avez employé aux Jeux olympiques?
Je pense que le meilleur conseil, c'est de faire des fautes et de voir les défaites comme un truc positif. Ça rend juste encore plus fort. J'ai fait plein de fautes et j'ai appris de ça. Je pense que c'est grâce à ça que j'étais aux Jeux et je vais continuer à apprendre de mes fautes.


