Initiative sur l’alimentation: le non s’organise à Fribourg

À Payerne, le comité romand contre l’initiative sur l’alimentation a présenté ses arguments. Deux Fribourgeois expliquent leur opposition.

(de g. à d.)Christophe Longchamp (président de Prométerre), Max Blaser (boucher), Isabelle Chassot, (conseillère aux Etats fribourgeoise), Robin Philipona, (président des jeunes agriculteurs fribourgeois) et Adrian Brügger (président d'AGRI Fribourg) ont lancé leur campagne contre l'initiative sur l'alimentation. © AGRI Fribourg

L’initiative sur l’alimentation inquiète ses opposants fribourgeois, qui estiment que ses objectifs ne correspondent pas aux réalités agricoles du canton. Le texte sera soumis au vote le 27 septembre 2026.

L’initiative veut porter à au moins 70% la part des aliments consommés produits en Suisse. Elle prévoit davantage d’aliments végétaux et moins de produits d’origine animale. Elle demande aussi de réduire l’utilisation de produits phytosanitaires et d’engrais. Ces objectifs devraient être atteints dans les dix ans.

Des herbages difficiles à remplacer

Pour Robin Philipona, président des Jeunes agriculteurs fribourgeois, le problème est d’abord géographique. Il pointe les nombreuses surfaces herbagères du canton. “La topographie et le climat ne permettent pas de produire plus de denrées végétales, en tout cas sur le canton de Fribourg”, affirme-t-il.

Selon lui, certaines terres des collines et des montagnes ne peuvent pas être transformées en cultures. Les ruminants permettent justement de valoriser ces herbages. Il estime qu’une diminution de la production animale pourrait donc laisser certaines surfaces sans usage agricole. Des exploitations pourraient aussi devoir cesser leur activité, selon lui.

Le jeune agriculteur ne ferme toutefois pas totalement la porte aux cultures végétales. “On aurait un petit peu de potentiel si on regarde sur le plan agronomique”, reconnaît-il. Mais il insiste sur les débouchés. Il cite les pois chiches, dont les coûts de production seraient trop élevés face à la concurrence étrangère.

Le libre choix en question

Isabelle Chassot place aussi le débat sur le terrain des consommateurs. La conseillère aux Etats fribourgeoise défend une agriculture mêlant productions végétale et animale. “Moi, je n’ai aucun problème avec les personnes qui souhaitent une alimentation végane”, assure-t-elle. Mais elle refuse qu’un changement d’alimentation soit, selon elle, imposé aux autres consommateurs.

La responsabilité environnementale ne repose toutefois pas uniquement sur les consommateurs, reconnaît-elle. Elle évoque une responsabilité collective, qui concerne notamment la mobilité, le chauffage et la consommation. “Moi, je crois à la responsabilité et au libre arbitre des individus”, résume-t-elle.

Les deux membres du comité du non contestent enfin le délai de dix ans prévu par l’initiative. Robin Philipona estime que l’agriculture doit s’adapter au changement climatique et renforcer certaines mesures environnementales. Mais il demande du temps: “On va s’adapter, mais ça ne se fait pas en deux jours.”

RadioFr. - Lauriane Schott
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