Ils ont créé une pâte à tartiner chocolatée... sans cacao

Deux associés fribourgeois ont imaginé un produit à base de lupin qui, une fois torréfié, prend un goût chocolaté. Rencontre.

Deux goûts ont pour l'instant vu le jour. Le "gourmet" et le "connaisseur". Ce dernier, plus amer, s'approche du goût du chocolat noir. © Frapp

Il est possible d'obtenir un goût chocolaté grâce à des légumineuses. Du moins, c'est ce que tentent de prouver Léo et Marc, co-gérants de la ferme Chautems avec deux autres associées. Hérité des parents de Marc, le domaine de 14 hectares sert notamment à l'exploitation de fleurs, de maïs ou de colza. Mais depuis une semaine, le groupe commercialise la "Choc agricole", une pâte à tartiner à base de lupin.

Tout est parti d'un défi. Le but: manger local pendant une année. En clair, ne consommer que des produits naturels et atteignables sans véhicule motorisé. "À la ferme, on promeut l'ultra-local. On avait envie de prouver qu'il était possible de se nourrir proche de chez soi. Cependant, en tant qu'amateur de chocolat, j'ai voulu trouver une alternative pour continuer à en consommer. J'ai découvert qu'en torréfiant du lupin (ndlr : légumineuse de la famille des pois chiches), on obtenait un goût chocolaté. L'idée d'en faire une pâte à tartiner a ensuite émergé", explique Marc Chautems.

Des retours motivants

Après des mois de tests, le groupe est arrivé à une recette concluante. "On a eu d'excellents retours. Au-delà du goût, les gens apprécient la démarche. On veut prouver que l'ultra-local, c'est ultra cool", continue Marc. "On a cultivé 300 kilos de lupin l'année dernière. Cette fois, on part sur trois tonnes et on prépare une nouvelle variété en travaillant sur l'amertume. On espère en vendre 2'000 pots sur l'année", détaille son associé Léo Constantin.

Un succès qui permettrait d'améliorer les conditions de travail, car la place commence à manquer. "On fait tout le processus dans notre cuisine. En termes d'hygiène et de place, c'est contraignant. On a lancé un crowdfunding pour s'offrir un local de production. C'est un pas vers la professionnalisation", explique Marc, qui, comme ses associés, travaille à côté de la gestion de la ferme. La campagne de financement pour le local a déjà atteint plus de 13'000 francs sur le site wemakeit. Les pots sont disponibles à la vente à la ferme Chautems, à Lugnorre, ou sur leur site internet. Et pour le défi nourriture 100% local, ils devraient le démarrer l'année prochaine.

Frapp - Théo Charrière
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