John Gobbi: "Le but est de se rapprocher des 10'000 places"
John Gobbi, le directeur de Fribourg Gottéron, fait le point sur la billetterie, la capacité de la BCF Arena et les objectifs de développement du club.

Fribourg Gottéron a tenu lundi matin sa conférence de presse pour la saison 2026-2027. L'occasion de faire le point avec John Gobbi, directeur du club de hockey sur glace, sur ce qui attend les supporters des Dragons du côté de la BCF Arena.
RadioFr.: Un sujet a fait parler ces dernières semaines, c'est l'augmentation des prix des abonnements, avec, pour la première fois de l'histoire, le prix d'un abonnement place assise qui dépasse les 1'000 francs. Pourquoi cette hausse?
John Gobbi: On a fait une analyse globale lors de la dernière saison. C'était la cinquième saison à la BCF Arena. On a analysé les différentes catégories des places assises. On a effectué une révision complète du plan de la patinoire avec la création de notre catégorie, la catégorie 5, qui n'existait pas avant. C'est la première grosse augmentation depuis 6 ans. Bien sûr, ce n'est pas une décision simple à prendre, mais on veut toujours rester un club performant, un club visionnaire, qui veut toujours performer sur la glace: que ce soit avec les hommes, les filles et le mouvement junior. Cela passe par une augmentation des prix d'abonnement.
Le taux d'occupation moyen du secteur visiteur est de 138 personnes par match.
Vous avez eu des retours négatifs suite à cette hausse de prix?
Bien sûr, on a eu des retours négatifs auxquels on a répondu. On a expliqué que l'on veut continuer à investir dans notre infrastructure, dans notre équipe, dans l'organisation générale de Fribourg Gottéron. Bien sûr, ce n'est pas simple. On a toujours voulu garder un prix très attractif pour les places debout. Les prix n'ont pas bougé pour ces places-là. On veut rester un club populaire. On n'a pas non plus changé la stratégie de prix par rapport aux enfants. Cela veut dire qu'un abonnement pour un enfant coûte toujours la moitié de celui d'un adulte.
Le secteur visiteur est revu. Il est plus petit, il passe de 357 à 321 places, avec plus de places assises notamment. Pourquoi ce changement?
Là aussi nous avons effectué une analyse. Il en est ressorti que pendant toute la saison 25-26, la saison du titre, je tiens à le préciser, le taux d'occupation moyen du secteur visiteur est des 138 personnes par match. Pendant les play-offs, le taux d'occupation était de 211. Cela veut dire que ça n'a jamais dépassé le 220 en moyenne. Bien sûr, il y a quelques matchs complets, mais ils ne sont pas nombreux sur l'ensemble de la saison. Les utilisateurs adverses, ils préfèrent aussi toujours davantage aller en place assise.
Est-ce qu'il y a le risque de tuer l'ambiance? On sait qu'il y a une rivalité entre les supporters qui chantent le plus fort...
Je ne crois pas, parce que finalement, si on regarde sur les groupes de supporters, il y en a environ 80 qui chantent. Là, on a 220 places debout donc on est bien fourni pour garder une belle ambiance des deux côtés.
Le prochain cheval de bataille, c'est de construire une troisième patinoire sur le site de St-Léonard.
Il y a un gros renouvellement au niveau des abonnés. Est-ce que la liste d'attente continue de s'allonger?
L'engouement populaire est incroyable. C'est vraiment fantastique ce qui se passe maintenant à Fribourg. Mais voilà, on a un problème de riche, comme on dit. On a 7'500 abonnés. On a eu un renouvellement de 99,4%. 42 personnes n'ont pas renouvelé leur abonnement. Il reste toujours plus de 3'000 personnes sur la liste d'attente pour avoir un abonnement de saison. C'est pour ça qu'on a introduit les nouvelles conditions générales de vente par rapport à la présence de la patinoire à 18 matchs sur 26. On a chaque semaine des personnes qui nous écrivent en disant: "ah oui, la place à côté de moi, elle est libre. Est-ce que je peux l'avoir?" Et c'est dommage qu'il y ait des gens qui veulent venir et ne peuvent pas. Et malgré cela, on a toujours entre 700 et 1'000 places vides à la patinoire.
Vous l'avez répété pendant cette conférence de presse: vous manquez d'infrastructure. Qu'est-ce que ça veut dire? Il y a une envie de construire une piste de glace supplémentaire?
Nous sommes au top maintenant, avec le titre de champion et le titre de la coupe Spengler. Mais pour rester au top, il faut continuer à évoluer comme organisation. Il faut continuer à investir dans notre mouvement junior. Et pour cela, on a besoin de temps de glace pour pouvoir continuer à nous développer. Actuellement, on a vraiment un manque d'heures de glace. C'est pour ça que le prochain cheval de bataille, c'est de construire une troisième patinoire sur le site de St-Léonard. Aujourd'hui on doit même refuser des jeunes à l'école de hockey parce qu'on n'a pas cette glace.
Est-ce possible de dire quand cette piste pourrait être construite?
Les analyses sont en cours. Je suis convaincu que d'ici 2030, on pourrait avoir une troisième patinoire. Ou même avant, si les choses s'accélèrent très vite.
La BCF Arena s'agrandit encore, avec 9'620 places, vous êtes la plus grande patinoire de Suisse romande, la troisième du pays, c'est important?
Oui, c'est magnifique d'être sur le podium des patinoires suisses. Après, ce n'est pas une finalité. Avec l'engouement des plus de 100 matchs d'affilée à guichet fermé, on a encore le potentiel de grandir. Et on va le faire dans les prochaines années. On a une magnifique infrastructure qui nous laisse cette flexibilité. Et on verra jusqu'où on peut l'exploiter dans les prochaines années.
Ça veut dire quoi? Il y a un objectif chiffrable à donner?
Là aussi des analyses doivent être faites, c'est une question aussi d'autorisation, d'architecture, d'ingénierie. Mais le but est de se rapprocher des 10'000 places. Cela demanderait des travaux assez importants. C'est pour ça qu'il faut bien analyser les choses. Mais cela va être fait avant la troisième patinoire, à mon avis.
Quels moyens vous mettez pour développer le hockey féminin?
Le budget de Ladies dépasse pour la première fois les 450'000 francs. On l'a quasiment doublé en 4 ans et on va continuer dans ce sens. Un des enjeux c'est de faire venir du public. On va aussi investir cette saison énormément dans la communication et promotion des matchs. On veut que les gens viennent découvrir le hockey féminin, parce que, bien sûr, ce n'est pas comparable à un match des hommes, mais c'est un excellent produit, une excellente expérience.


