Face au risque d'avalanche, les conseils d'un guide
La neige est au rendez-vous en altitude, où le danger d'avalanche est marqué. Une vigilance est demandée aux amateurs de randonnées et de descentes hors-pistes.
Le risque d'avalanche est au plus haut ces jours-ci dans les Alpes suisses. Dans le canton de Fribourg, le danger est moindre mais il existe tout de même. Au sommet du Moléson, par exemple, on peut skier sur 70 centimètres de neige dont 10 de poudreuse. Sur les pistes balisées, pas de danger: des avalanches sont déclenchées artificiellement pour sécuriser le domaine. Ce qui peut poser problème, par contre, ce sont les randonneurs et les descendeurs hors-pistes.
"En-dessus de 1600 mètres, il a vraiment beaucoup neigé", remarque le guide de montagne Léo Scyboz. "Il y a eu surtout beaucoup de vent, la neige a été déplacée. Elle forme des grandes accumulations de poudre soufflée qui peuvent se décrocher au passage d'un seul skieur. Il faut rester sur des pentes à moins de 30 degrés durant ces prochains jours."
Ce jeudi, les Préalpes fribourgeoises étaient en orange sur la carte de la SLF, l'Institut pour l'étude de la neige et des avalanches. Le risque est marqué, évalué à 3 sur 5, mais pas de quoi s'inquiéter, rassure Léo Sciboz: c'est une situation courante. "Le danger marqué représente environ 30% des jours de l'hiver", explique-t-il. "Même sur des pentes à moins de 30 degrés, on peut déclencher des avalanches à distance et potentiellement importantes."
Le guide de montagne ajoute que la prudence est de mise, même dans les zones plates. "Ce n'est pas impossible qu'il y ait des avalanches spontanées."
Se préparer
Pour Léo Scyboz, la clé est de bien préparer sa sortie en regardant les bulletins météo et d'avalanches pour le lendemain. Mais il y a aussi quelques indices que la nature peut donner sur place. "Il y a des endroits, par exemple, où on voit presque les mottes de terre ou les rochers parce que la neige a été soufflée par le vent. Si on plante son bâton à l'envers et qu'il s'enfonce d'un mètre, c'est qu'il y a eu beaucoup de vent."
Le guide de montagne conseille également d'utiliser ses sens, notamment ses oreilles. "C'est possible d'entendre un bruit en marchant dans la poudreuse, un 'voom'. C'est un tassement du manteau neigeux. Si on entend ce bruit-là, c'est qu'il y a une grande instabilité. Dans le cas où on avait prévu d'aller dans des pentes supérieures à 30 degrés, c'est une bonne raison de renoncer."
Dans nos régions, le danger d'avalanche devrait diminuer ce week-end selon l'Institut suisse pour l'étude de la neige, même si le sud du Valais, le nord du Tessin et les Grisons resteront des zones à risque.


