Éoliennes: un rapport décaviardé relance la polémique
Huit communes fribourgeoises relancent la fronde contre la politique éolienne du canton. Elles demandent une commission d'enquête parlementaire.
Huit communes fribourgeoises opposées au volet éolien du plan directeur cantonal montent de nouveau au créneau. Après avoir obtenu la version intégrale d’un rapport de l’Institut de hautes études en administration publique de l’Université de Lausanne (IDHEAP), elles accusent à nouveau le Conseil d’État, dans un courrier adressé aux médias et aux députés du Grand Conseil, d’avoir menti et d’avoir délibérément étouffé un conflit d’intérêts majeur.
Une première version du rapport avait déjà été publiée, mais elle était partiellement caviardée. Après une année et demie de procédure en vertu de la loi sur l’information (LInf), la version décaviardée a finalement été transmise aux opposants.
Selon eux, le rapport montre que la société Ennova, engagée par l'Etat de Fribourg, aurait favorisé les intérêts de Groupe E et des Services industriels de Genève.
Une plainte sera-t-elle déposée? Il est encore trop tôt pour le dire. Les communes examinent actuellement la situation pour déterminer si des faits pourraient être pénalement condamnables, nous a indiqué leur avocat, David Ecoffey.
Le gouvernement parle de "théories complotistes"
Contacté, le canton de Fribourg rejette avec fermeté ces accusations. Il estime que la version complète du rapport n’apporte aucun élément nouveau et rappelle que le caviardage ne répondait qu’à des impératifs de protection des données personnelles. Il parle même de "théories complotistes".
Il dénonce encore une campagne anti-éolienne coûteuse pour les deniers publics, plusieurs centaines de milliers de francs selon le porte-parole de la Direction de l'économie.
Vers une commission d’enquête parlementaire?
Face à ce qu’elles considèrent comme un "déni de démocratie", les huit communes réitèrent leur demande de création d’une commission d’enquête parlementaire. Une requête similaire avait été rejetée par le Grand Conseil en 2024, mais les opposants espèrent que la publication de ce rapport décaviardé changera la donne.


